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Actualités professionnelles


Actualité professionnelle
Publié le 04/01/2019

L'art de conserver les sols

 
Exercice indispensable : voir ce qui se passe en dessous
pour mieux comprendre l’effet des couverts sur le sol

Fin novembre, 117 agriculteurs se sont donné rendez-vous pour la venue de Frédéric Thomas. En salle et sur le terrain, dans la Marne puis dans l’Aisne, quatre agriculteurs ont montré l’exemple sur leurs parcelles.

Agriculture de conservation et élevage : un pari gagnant. Co-organisées par le club A2C de Dynamique Projets et l’association SAI de l’Aisne, les journées avec Frédéric Thomas, agriculteur, consultant, fondateur et rédacteur en chef de la revue TCS, rendez-vous incontournables de la fin d’année, ont encore une fois réussi à mobiliser les paysans.

La première journée en salle et sur le terrain dans la Marne du côté de l’Argonne avec un axe élevage et agriculture de conservation, a été suivie d’une seconde journée autour de Saint-Quentin au nord de l’Aisne avec essais de semis de betteraves au Condor Line ou encore colza associé.

Problème de résistance, érosion ou encore baisse de la fertilité des sols, de plus en plus d’agriculteurs se tournent vers l’agriculture de conservation. Cette dernière repose sur trois piliers : la couverture du sol, la réduction du travail du sol, et enfin l’allongement et la diversification des rotations.

La journée marnaise était découpée en deux temps avec la matinée sur le terrain chez Kévin Morel, polyculteur éleveur en Argonne, passionné et passionnant, avec le regard expert de Frédéric Thomas sur les différentes pratiques. Passage en salle l’après-midi, avec une conférence sur le développement de l’autofertilité ainsi que la gestion de la fertilisation en agriculture de conservation.

 
Grandes cultures et élevage, un pari gagnant conforté
par le spécialiste Frédéric Thomas sur une parcelle
de Kévin Morel

De quoi donner des idées aux nombreux agriculteurs présents. Le club A2C de Dynamique Projets regroupe près de 100 agriculteurs en réflexion, en conversion, convertis depuis des années ou juste curieux du sujet. Conférences, journées terrain, voyages d’études ou encore formations, autant d’évènements pour apprendre, échanger sur ses pratiques, rencontrer d’autres agriculteurs, avancer dans sa réflexion et ne plus être seul avec ses projets. Et vous, l’agriculture de conservation, ça vous tente ?

 

 

Paroles d'agri

Gwenaël Delacour, Auve : "Le témoignage de Kévin Morel qui nous a reçu chez lui le matin m’a beaucoup impressionné. Il est installé depuis peu et a déjà acquis énormément de connaissances sur le sujet. Il a une vision globale de son exploitation. Ses couverts lui sont utiles pour son sol mais aussi pour ses animaux, avec un souci de concrétisation économique des choses. La manière dont il pilote tout ça m’a plu. Il n’a pas eu peur de se lancer dans ces nouvelles techniques. Il s’est donné les moyens, et les résultats sont là, et rapidement !".

Claude Richard, Moussy : "C’est la seconde année que je participe aux journées avec Frédéric Thomas. J’apprécie son discours car il n’est pas obtus, il n’interdit pas les choses. Je m’interroge sur ce type de pratique car je consomme beaucoup de fuel et de main-d’oeuvre. On s’aperçoit que même avec une année très sèche comme on vient d’avoir, ceux en agriculture de conservation tels que Kévin Morel ont réussi à avoir des couverts. Sans labour, les 2 centimètres supérieurs sont plus fertiles et retiennent davantage l’eau que les méthodes intensives ce qui permet à la graine de pousser plus facilement. Mes fils me suivent dans ces réflexions ce qui me motive encore davantage et me conforte dans tout ça".

Vincent Renaudet, La Croix en Champagne : "Malgré l’installation récente de Kévin Morel, on se rend bien compte de l’évolution rapide de ses sols grâce à ses pratiques en agriculture de conservation. Sa réflexion est cohérente entre son sol, ses cultures et son élevage. La boucle est bouclée, et tout fonctionne. Frédéric Thomas nous a apporté énormément d’informations et montré qu’il faut être très rigoureux dans ce type de pratique pour ramener de la fertilité dans les sols. Son discours est ouvert, riche d’enseignement et d’expériences sans être dogmatique, c’est vraiment appréciable".

 

 

 

Kévin Morel, polyculteur-éleveur à Vroil en Argonne

200 bovins viande ;

• Engraissement des femelles 100 % à l’herbe depuis 3 ans ;

• Vente directe depuis 1 an ;

• 140 ha avec 50 % en prairie naturelle et 50 % de cultures ;

• Assolement : colza, blé, maïs, soja, couverts végétaux pour les bovins (pâture et fauche).

 

"Je me suis installé en janvier 2014 sur une ferme classique de 140 ha. La moitié de mes parcelles sont en terre de vallée argileuse inondable, l’autre moitié ce sont des limons hydromorphes de plateau. Durant mon BTS, j’ai eu la chance de discuter avec un paysan qui pratiquait l’agriculture de conservation. J’ai eu un déclic et ai voulu me lancer dans ces pratiques. Cette rencontre a changé ma vie et me motive aujourd’hui à ouvrir les portes de mon exploitation pour montrer ce que je fais et qui sait, susciter des vocations ! Je me suis lancé dans ces pratiques dès mon installation avec des essais en semis direct. J’ai passé la totalité de la ferme en semis direct sous couverts végétaux l’année d’après. En à peine 4 années de pratique de l’agriculture de conservation, les bénéfices sont déjà là. La charge de mécanisation sur les terres argileuses a fortement diminuée, j’ai maintenu voire déplafonné les potentiels sur mes sols hydromorphes et limiter la battance sur les limons. Maintenant, d’octobre à avril je n’ai plus aucun travail à réaliser sur la partie grandes cultures, je peux me concentrer sur mon élevage. Cette année, j’ai réussi à regrouper 45 vêlages en 3 semaines. Faire venir Frédéric Thomas sur mon exploitation m’a conforté dans l’idée que grandes cultures et élevage sont indissociables. En pâturant, mes bêtes sont des accélérateurs de flux de nutriments pour la fertilité des sols. Faire pâturer n’est pas toujours facile, du coup j’ai pris l’option clôture électrique ce qui me permet de tourner sur les différentes parcelles de couverts et cultures fourragères de la ferme. Une phase d’apprentissage est nécessaire pour "éduquer" les animaux. Tous les jours je déplace les animaux au fil afin de gérer la répartition des bouses et du piétinement. Afin de continuer dans cette dynamique, je vais accentuer la proportion de cultures et intercultures fourragère à pâturer"

 

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Par Léa Thomas