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Actualités professionnelles


Actualité professionnelle
Publié le 25/10/2018

Méthanisation en voie sèche, un procédé peu commun !

 
Méthaniseur en voie sèche : une installation minoritaire
dans le paysage français.

Dynamique Projets s’est déplacé le 11 octobre dernier en région Bourgogne Franche-Comté afin de participer à l’inauguration d’un méthaniseur en voie sèche.
Au programme, visite du site et échanges techniques sur le procédé. Retour sur cette journée.

En service depuis mars 2018, l’installation de Matthieu Joly produit 100 kWh en moyenne. Peu connue, la méthanisation en voie sèche n’est pas très répandue dans le paysage français.

Elle peut pourtant s’avérer très intéressante pour les exploitants qui souhaitent passer ce cap que constitue la production d’énergies renouvelables. Organisée par Sud-Ouest Biogaz, près de 100 personnes sont venues à cette journée se déroulant sur l’exploitation à Dampierre-sur-Salon en Bourgogne Franche-Comté.

L’origine du projet

Aujourd’hui Matthieu Joly est éleveur de veaux de boucherie sur paille. Soucieux, de réduire sa facture de propane destinée à chauffer l’eau de boisson pour ses veaux, la question d’un projet méthanisation s’est donc posée. Ayant une ressource en fumier pailleux importante de par son système d’élevage, le procédé de la voie sèche paraissait le plus pertinent pour répondre à son projet. Après cinq ans d’étude et de réflexion, le méthaniseur est sorti de terre en mars 2018 avec un potentiel de production de 160 kWh.

La voie sèche : comment ça marche ?

La ration du méthaniseur (5400 tonnes au total) se constitue majoritairement de fumier de veaux issu de l’exploitation
de Matthieu Joly ainsi que de la ferme voisine. Les fumiers représentent environ 95 % des intrants.
Pour compléter la ration, 700 tonnes de déchets agro-alimentaires et de cultures intermédiaires à vocation énergétique viennent nourrir le méthaniseur. Il n’y a pas de préparation spécifique, mais il faut tout de même retourner le fumier et le stocker deux jours avant le chargement du méthaniseur.

L’objectif est d’augmenter la température, favorisant ainsi le pouvoir méthanogène. L’incubation dans le méthaniseur dure 56 jours.
Le digestat sera épandu ensuite. Quant au méthane produit, il sera récupéré, épuré puis converti en électricité.

La chaleur est valorisée pour chauffer l’eau de boisson des veaux ainsi qu’une maison environnante. Gage de réussite, l’exploitant économise aujourd’hui l’équivalent de deux tonnes de propane par mois et améliore ainsi son indépendance énergétique.

Côté budget

Au niveau économique, le dispositif a coûté 1,2 million d’euros dont 25 % ont été financés par l’Ademe et les subventions régionales. Globalement, pour les projets de méthanisation, les aides sont non négligeables et sans celles-ci, les projets ne pourraient pas aboutir. Concernant le projet de Matthieu Joly, le retour sur investissement est estimé à huit ans, ce qui correspond à la moyenne.

Dans un futur proche, l’exploitant souhaite atteindre les 160 kWh de potentiel de production, réduire le temps de séjour des matières
et augmenter ses intrants pour atteindre les 7 500 tonnes. En France, la voie sèche représente un peu plus de 5 % des méthaniseurs.
Cette expérience réussie conforte les perspectives de développement de la voie sèche qui gagne à s’étendre pour valoriser le fumier pailleux.

Delphine Gohier-Austerlitz
Dynamique Projets FDSEA51

 

Point de vue d'un agriculteur

Thierry Dethune, exploitant grande culture et responsable du canton de Sompuis : "c’est par curiosité que j’y suis allé, les opportunités de développement actuelles étant peu nombreuses. Alors que nos récoltes ne sont pas toujours valorisées comme on le souhaiterait, il ne faut pas écarter la possibilité de valoriser produits et sous-produits dans cette filière de production d’énergie. La méthanisation par voie sèche représente une piste intéressante, car on se rapproche plus de la taille individuelle, en mobilisant moins de moyens financiers. Le travail est différemment réparti par rapport à la voie humide mais tout aussi technique. La base de la ration du digesteur se constitue de préférence d’effluents animaux. Ainsi les exploitations d’élevages sont plus à même de s’y intéresser. Pour autant, une grande partie du complément de la ration peut provenir de nos plaines agricoles. Sur le canton de Sompuis, tous les ingrédients de la recette sont présents ! Même si on entend qu’il faut être éleveur pour s’occuper d’une panse de vache, il faut surtout avoir du temps à consacrer au développement et à la réussite d’un tel projet".