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Evénements


Evénement
Publié le 30/06/2011

Le G20 agricole est un bel essai collectif mais attention à la transformation !

Les récentes réunions autour de l’agriculture mondiale sont terminées. Qu’en reste-t-il ? Et quel chemin encore à parcourir ? Pistes et réflexions post-événements.

On pourrait résumer ce G20 agricole à quelques chiffres : 1 déclaration de 20 ministres concernées sous forme d’1 plan d’action sur la volatilité des prix alimentaires et sur l’agriculture ; dans ce plan, 56 paragraphes dont 11 d’intérêt général ; les 45 suivants sont répartis en 4 grands chapitres (production et productivité agricoles, information et transparence des marchés, coordination politique internationale, réduire les effets de la volatilité des prix pour les plus vulnérables).

Beaucoup de bonne volonté affichée et un accord sans précédent, sur les grands principes pour organiser la ferme monde.
Mais la réalisation des points de l’accord signé risque de prendre beaucoup de temps.

Le document officiel rappelle juste que 9 milliards d’individus devront être nourris en 2050, ce qui implique une augmentation de 70 % de la production agricole mondiale en général et de 100 % de celle qui concerne les pays en développement.

Pour le reste, pour le dire de façon positive, les chantiers sont ouverts et les étapes à franchir sont fixés dans le temps.

Oui, mais…


Du côté des acteurs de l’agriculture, les réactions penchent plutôt vers l’optimisme. "Je suis satisfait, oui. C’est une vision plus multipolaire qui s’affirme. Tout ce qui concerne l’augmentation de la production pour satisfaire les besoins, la recherche et l’innovation, faire de 2012 l’année de l’eau ou encore l’idée de mettre en place un institut international de recherche sur le blé… va dans le bon sens.

Ces propositions sont en phase avec nos demandes et celles exprimées lors de la rencontre à Paris des 120 délégations paysannes représentant 80 pays. On sent qu’un mouvement est enclenché. Celui-ci reconnaît que, désormais, on ne peut plus traiter l’agriculture et l’alimentation n’importe comment. Limiter tout ce qui est de nature à déstabiliser les marchés, ne plus agir dans le court terme vis-à-vis des besoins alimentaires, sont des pistes maintenant clairement exprimées"
, a affirmé Xavier Beulin, président de la FNSEA.

Mais le syndicat majoritaire garde la tête froide : "C’est un premier résultat, reste quand même à confirmer les points sur la régulation et la supervision des marchés financiers agricoles, par les ministres des finances et les gouverneurs de banques centrales du G20. On sait que certains pays, notamment la Grande-Bretagne et l’Australie, sont un peu réticents à la mise en place d’une forme de régulation financière.

Maintenant, il faut voir comment ces engagements seront repris dans les déclarations finales à la fin de l’année, et comment ils seront traduits en actes concrets. Il s’agira de passer des bonnes intentions aux actes"
, a tempéré Hervé Guyomard, économiste et directeur de recherche à l’Inra, dans un entretien accordé au site Toutel’europe.eu/fr. Il regrette aussi que les usages non alimentaires des produits agricoles n’aient pas été sur la table des ministres du G20.

Pour Benoît Labouille, directeur chez Offre & Demande agricole (conseil en gestion du risque des prix), même son de cloche : "Ce G20 a été une réussite car la France a réussi à mettre l’agriculture sur le devant de la scène depuis plusieurs mois, c’est une bonne chose. Tout ce qui concerne la transparence de l’information, notamment en matière de positions de marchés et des limites d’emprises, est bien évidemment un progrès".

Mais il s’empresse de constater que les sujets concernant les marchés financiers et le stockage sont renvoyés aux réunions du G20 finance en fin d’année. De même, il souligne le fait que plusieurs mesures reposent avant tout sur la bonne volonté des pays à transmettre leurs informations. Se pose dès lors la question du contrôle de la fiabilité desdites informations.

Certains pays, comme le pensent plusieurs responsables, n’auront pas forcément intérêt à jouer la transparence. "On a un accord mais j’ai le sentiment que le mal n’est pas traité à la source. Cependant, s’investir toujours plus dans la gestion de la volatilité est un mouvement positif", conclut Benoît Labouille.

Le travail ne manque donc pas et ceux qui pensaient à la fin de la volatilité des prix agricoles à l’issue de ces sommets en sont pour leurs frais.

Néanmoins, Xavier Beulin veut voir aussi dans ce G20 agricole l’ouverture d’une porte vers de nouveaux horizons pour l’agriculture, grâce à la recherche. "J’entends par le volet recherche, pas simplement les nouvelles technologies mais aussi la recherche de systèmes agricoles qui devront combiner de manière intelligente une dimension économique, une dimension de production, mais également une dimension environnementale et peut-être même sociale.

La grande nouveauté du G20 est que l’on sort enfin de la vision trop binaire de l’OMC, qui était de nous dire "soyez compétitifs, soyez performants, produisez et vous nourrirez le monde".


Pour en savoir plus : retrouvez la totalité de cet article en page 6 du journal
La Marne Agricole n°2965 du 1er juillet 2011

Par Thierry Michel et Hervé Garnier