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Evénements


Evénement
Publié le 17/01/2013

Mobilisés contre l’abus de réglementation

À l’appel de la FDSEA et des JA de la Marne, les agriculteurs se sont mobilisés le mercredi 16 janvier devant la préfecture de région à Châlons-en-Champagne. Ils ont exprimé leur ras-le-bol envers des contraintes administratives de plus en plus lourdes, qui pèsent sur leur activité. Les exploitants marnais demandent des mesures environnementales cohérentes avec l’agronomie et les conditions naturelles locales, scientifiquement évaluées et concertées.

L’empilement des réglementations tue l’envie d’entreprendre
des exploitants, en particulier les éleveurs, et décourage les
jeunes de s’installer.
"Laissez-nous produire plus et mieux !"
"Non aux monstres administratifs. Non aux décisions politiques arbitraires. Oui au bon sens paysan ! Oui au respect de la diversité des territoires !".

Ils étaient plusieurs centaines d’agriculteurs marnais à avoir bravé le froid mercredi 16 janvier dès le matin pour venir manifester leur ras-le-bol devant la préfecture de région à Chalons-en-Champagne.

Alors que le mercure affichait -7degrés, ils ont réchauffé l’ambiance rue Carnot autour d’un feu de palettes et dans le bruit des tambours et des pétards à corbeaux.

Terre et fumier ont été répandus devant la préfecture.
Plusieurs animations préparées par le secrétaire général de la FDSEA Thierry Poncelet et l’ensemble de l’animation syndicale ont rythmé la journée de mobilisation.

Rassemblés à l’appel de la FDSEA de la Marne, des JA et avec le soutien du Syndicat général des vignerons, les agriculteurs marnais demandent aux pouvoirs publics de les laisser produire plus et mieux, dans le respect de l’environnement bien entendu, mais avec des mesures environnementales cohérentes avec l’agronomie et les conditions naturelles locales, scientifiquement évaluées et concertées.

Philippe Menesson, président MSA Marne
Ardennes Meuse et Thierry Poncelet, secrétaire
général de la FDSEA de la Marne
À 11 heures, une délégation conduite par le président de la FDSEA Benoît Piétrement, accompagné notamment du président du SGV Pascal Férat et de celui des JA Jean-Baptiste Prévost, a été reçue par le préfet de région Michel Guillot.

Peggy Silva (animatrice JA 51) et
l'épouvantail
Les revendications de la profession étaient au menu.
À savoir : une révision complète pour le projet du 5e programme "directive nitrates" dans l’attente d’éléments scientifiques cohérents. 

Pour les exploitants, "ce programme est déconnecté des réalités du terrain, incompréhensible, sectaire et extrémiste, très coûteux, en particulier pour les éleveurs".

Ils opposent donc un refus d’engager les éleveurs dans des dépenses supplémentaires de mise aux normes des bâtiments d’élevage. "Ces investissements ne peuvent pas être répercutés dans leurs prix de vente et l’intérêt environnemental n’est pas prouvé".

Besoin de concertation avec les agriculteurs

Le préfet Michel Guillot a rendu hommage à la
profession agricole et annoncé son départ.
La profession demande une définition régionale des calendriers d’épandage des effluents d’élevage, en lien avec les conditions naturelles (sols, climat).

Aujourd’hui, les décisions se prennent à Paris, bien loin du terrain. Le maintien d’un raisonnement agronomique de la fertilisation azotée dans la Marne. Un plafonnement autoritaire des apports d’engrais azotés serait inacceptable.

Plus globalement, les agriculteurs veulent davantage de concertation des pouvoirs publics sur le plan national et local, lors de l’élaboration de toute nouvelle réglementation environnementale.

Une forêt de panneaux revendicatifs
a poussé sur la terre déversée devant
la préfecture.
Au terme de cet échange ferme mais courtois, les élus sont venus faire le point devant les manifestants. Le préfet les a rejoints et il a lui aussi pris le micro pour rendre hommage à la profession agricole marnaise. Michel Guillot a annoncé son départ de la région, son successeur étant nommé au conseil des ministres.

Les céréaliers aussi concernés

"La directive nitrates ne concerne pas que les éleveurs !", rappelle Benoît Piétrement. Certaines mesures importantes risquent d’impacter fortement les céréaliers : 

interdiction d’épandre tout type de fertilisant (organique ou minéral) sur des parcelles ayant une pente supérieure à 7 %.
Pour information, 75% de la SAU française serait concernée ! Les agriculteurs sont-ils prêts à arrêter de fertiliser les 3/4 de leurs parcelles ?
 restriction du calendrier d’interdiction d’épandage des fertilisants organiques.
D’une application complexe, notamment pour les Cipan, il serait commun à toutes les régions françaises ! 
remplacement du raisonnement agronomique de la fertilisation azotée (méthode des bilans) par un raisonnement arbitraire : le plafonnement des apports azotés (organiques et minéraux) pour chaque culture.

La profession s’interroge : "faut-il accepter de limiter ses apports d’azote, alors que l’on sait pertinemment que cela est beaucoup moins efficace contre le lessivage des nitrates ?".

Les négociations sont toujours en cours au niveau national, entre la profession agricole et les ministères de l’agriculture et de l’environnement. La forte mobilisation de mercredi devrait permettre d’obtenir des avancées.


Ils ont dit...

Benoît Piétrement, président de la FDSEA de la Marne

Benoît Piétrement, président de la FDSEA, Hervé Lapie,
responsable de la commission environnement de la
FDSEA et Pascal Férat, président du Syndicat général
des vignerons (SGV)
"Nous avons insisté auprès du préfet sur la directive nitrates et sur son impact catastrophique pour les céréales et l’élevage. Nous avons besoin de l’élevage pour faire de l’agronomie et de l’économie.

Les normes environnementales infondées et sans cohérence économique nous conduisent droit dans le mur. Nous ne sommes pas écoutés alors que les essais sur les Cipan ont démontré que l’on pouvait produire en préservant l’environnement.

Mais il y a une espèce de rouleau compresseur de l’administration qui fait que nous ne pouvons pas discuter. Économiquement, nous avons des outils à faire vivre et nous nous trouvons face à des incohérences.

On nous dit d’arrêter les biocarburants parce que ce sont des surfaces qui produisent autre chose que de l’alimentaire, ce qui n’est pas vrai car les coproduits servent à l’alimentation animale, et on nous dit de faire du bio alors que cela diviserait nos productions par deux ou trois. Mais là, ça ne gène pas et on n’affame plus personne. C’est de l’idéologie pure.

Nous devons être pragmatiques. L’Allemagne est devenue le premier pays agricole en Europe grâce à son dynamisme et nous, nous fragilisons l’équilibre économique de nos exploitations par des décisions arbitraires"
.

Jean-Baptiste Prévost, président des JA Marne

Jean-Baptiste Prevost,
président de JA 51
"La problématique des jeunes agriculteurs, c’est l’installation. Quand un jeune s’installe, les emprunts courent sur de longues durées et les contraintes environnementales non fondées sont facteur d’instabilité, de manque de lisibilité pour l’avenir. Nous travaillons sur du vivant et nos choix sont agronomiques.

Les contraintes nouvelles franco-françaises sont anti-agronomiques et anti-économiques. Les installations doivent être viables et les jeunes ne peuvent pas faire des chèques de plusieurs centaines de milliers d’euros si dans cinq ans l’exploitation doit être condamnée"
.

Hervé Lapie, responsable de la commission environnement de la FDSEA de la Marne

"L’environnement c’est notre moteur et ce qui doit nous faire avancer. Nous sommes là pour dénoncer les contraintes qui sont devenues dogmatiques. Nous avons demandé au préfet que les capacités de stockage soient négociées au niveau de la région.

Les éleveurs laitiers, porcins et de volaille ne peuvent pas les augmenter d’un tiers, ça n’est pas possible et ça n’est pas agronomiquement fondé. Ensuite, nous voulons que les périodes d’interdiction d’épandage soient négociées localement.

Nous avons aussi rappelé au préfet l’importance du poids économique de l’agriculture dans la Marne. L’environnement est au coeur de notre syndicalisme de projets mais nous avons besoin que des hommes et des femmes s’investissent dans la profession agricole et il leur faut une lisibilité économique sur 10 à 15 ans.

Je suis éleveur de porcs et cela fait 12 ans que nous n’avons installé personne dans les productions animales dans la Marne. Sur le plan national ce n’est pas mieux. L’Allemagne a fait le choix de la production et nous celui du dogmatisme"
.

Pascal Férat, président du Syndicat général des vignerons (SGV)

"Je suis venu en soutien et pour réaffirmer la position du monde agricole en général, dont les viticulteurs font partie. Nous sommes proches les uns des autres et soumis aux mêmes règles.

Nous faisons des progrès sur le plan environnemental et nous sommes pourtant assaillis de nouvelles règles infondées sur le plan agronomique. Le plus dommageable et le plus décourageant, c’est qu’on ne regarde jamais les efforts fournis"
.
 


Des slogans qui parlent...

Bernard Jesson, secrétaire général adjoint FDSEA, tient la bombe : "Mon fumier mieux logé que les sans-abris"

Bruno Loillier, vice-président FDSEA et
Alphonse Schwein, conseiller général de Beine-Nauroy

Michel Delaunoy, président régional CA Nord-Est et Eric Lainé, président de la CGB et du SBNE

Tous mobilisés !

Les tambours de la plaine...

Un feu de palettes pour se réchauffer...

Retrouvez plus de photos et vidéos de la manifestation du 16 janvier sur notre fil Twitter (@GroupeFDSEA51) ou celui de La Marne Agricole (@LaMarneAgricole), ainsi que sur nos pages Facebook : FDSEA de la MarneGroupe FDSEA 51 et La Marne Agricole

Pour en savoir plus : retrouvez la totalité de cet article en pages 4 et 5 du journal 
La Marne Agricole n°3046 du 18 janvier 2013

Par Richard Cremonini, la Marne Agricole