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28 avril 2026
Anne GOUJARD © Membre du bureau Chambre d'agriculture de la Marne et du bassin Seine-Normandie
Le nouveau Sdage*, qui encadre l’usage de l’eau pour les six prochaines années, est en cours de discussion. Concrètement, pour nous agriculteurs, c’est ce texte qui va décider si on peut irriguer, quand, combien et dans quelles conditions. C’est aussi lui qui va déterminer ce que nous pourrons faire sur les zones humides, les captages et à proximité des cours d’eau.
Aujourd’hui, le Sdage se construit contre les agriculteurs, pas avec eux. La profession agricole est minoritaire dans les comités de bassin. Le symbole le plus brutal ? Nous sommes 7 voix sur 185. Seulement sept ! Rappelons quand même que l’agriculture occupe la moitié des surfaces du bassin Seine-Normandie, que nous sommes en première ligne du changement climatique et que la souveraineté alimentaire est redevenue une priorité nationale.
Face à nous, il y a un collège des usagers non économiques, dominé par les associations environnementales, dont le poids politique est considérable. Ce ne sont pas des acteurs neutres, ils portent une vision idéologique de l’eau et des territoires qui laisse peu de place aux réalités économiques et productives.
Trois notions dominent les débats au comité de bassin : la sobriété, la santé, et la restauration de la nature. Des angles différents mais une même conclusion : l’agriculture doit changer de modèle, transformer son acte de production rapidement.
Rappelons que nous produisons de la qualité, et que la dégradation de l’eau est le résultat de l’ensemble des activités humaines. Nous assumons notre part de responsabilité, mais nous refusons d’en porter le poids seuls. Certains captages sont déclassés à cause de métabolites des résidus de molécules que nous n’utilisons plus depuis des années. On nous juge sur des pratiques abandonnées, sans reconnaître les efforts engagés. On noircit le tableau sans proposer de réponses adaptées alors que ce dont nous avons besoin, ce sont des objectifs atteignables et des solutions concrètes.
Nous ne refusons pas d’évoluer : nous le faisons et l’avons fait. Mais ces injonctions ignorent les réalités économiques des exploitations, le temps nécessaire aux transitions, et les efforts déjà engagés. Nos demandes sont les suivantes :
▪ Une révision du calendrier pour une vraie concertation ;
▪ Une version du SDAGE qui intègre nos contributions avec un rééquilibrage entre les différents enjeux, environnementaux et économiques ;
▪ Une gouvernance rééquilibrée : 30 % des voix pour les acteurs économiques, avec au moins la moitié pour le monde agricole.
* Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux
Anne Goujard, Membre du bureau de la Chambre d’agriculture 51 et du comité du bassin Seine-Normandie

