
Combinez les intelligences : le 21 mai à Reims
13 mai 2026Le constat est amer pour les éleveurs bovins et les producteurs de lait : la réalité économique est faussée par des discours trompeurs et un déséquilibre criant dans le partage de la valeur. A l’approche de l’examen du projet de loi d’urgence agricole, les éleveurs doivent rétablir la vérité face à « l’intox ».
Contrairement aux tentatives de faire croire à un effondrement de la consommation de viande bovine justifiant des baisses de prix, les chiffres de la grande distribution montrent que les ventes se tiennent, voire des hausses en février et avril. De plus, l’offre se ré- duit : la France a perdu 1,3 million de vaches en dix ans et les naissances de veaux chutent drastiquement.
Pourtant, malgré cette baisse durable de l’offre qui devrait soutenir les cours, la seule variable qui s’effondre réellement est le prix payé aux producteurs. Rien ne justifie ce retournement de marché alors que nos charges, elles, continuent de grimper.
Le lait subit les mêmes conséquences. Pour les éleveurs, la question n’est pas celle de la « marge », mais bien celle de la survie et de la reconnaissance du travail. Nous demandons que le prix de revient intègre l’ensemble des charges y compris la rémunération. Il est inacceptable que certaines enseignes envisagent de diminuer les prix pour les consommateurs, si cela se fait au détriment de la juste rémunération des producteurs.
L’exigence est claire : la loi d’urgence agricole doit impérativement intégrer des outils efficaces pour garantir que nos coûts de production soient le socle de toute négociation. Il est légitime que les producteurs puissent renégocier leurs contrats dès que leurs coûts évoluent.
Rémunérer les producteurs à la hauteur de leur engagement n’est pas un coût pour la filière, c’est un investissement obligatoire pour notre souveraineté alimentaire. Continuer à tirer les prix vers le bas revient à condamner nos éleveurs, nos fermes et l’emploi agricole. Nous appelons les éleveurs à rester vigilants face aux informations données par les distributeurs et industriels et à refuser de céder leurs animaux à des prix indignes. Sans rémunération juste, il n’y aura bientôt plus ni élevage, ni production française.
Stéphane Minjeau, Président de la FDPL 51, Laurent Champenois, Président de la FDB51



