
Carte Moisson – Opération Big-Bag
14 avril 2026Avec des attributions fortes lors des comités techniques locaux 2025 et une incitation de la fédération des chasseurs à réaliser 100 % des tableaux de chasse sanglier, le message était clair. Pour réduire les dégâts agricoles, une solution : réduire la population de sangliers. Le message est passé, près de 17 500 sangliers ont été prélevés dans la Marne, un record. Oui mais le compte n’y est pas !
Les dégâts, certes en baisse par rapport à la saison précédente, sont loin des objectifs négociés lors de la signature des accords nationaux en 2022.
Comme les saisons précédentes, certaines sociétés de chasse jouent le jeu et respectent leurs engagements de régulation du sanglier. Les plans de chasse sont réalisés en totalité, avec des réattributions en cours de saison. Il existe quelques bons élèves et je les remercie. Par contre, beaucoup d’autres chasseurs jouent le jeu de la gestion : ils veulent s’assurer une population de sangliers conséquente à tirer l’hiver prochain.
Oui, il existe toujours des porcheries à ciel ouvert et des chasseurs qui se moquent royalement des dégâts agricoles et pour qui l’impact financier n’est pas un problème. Des chasseurs qui continuent à pratiquer l’agrainage (peu onéreux au prix du maïs) sans se soucier des conséquences, des chasseurs qui s’interdisent de prélever trop de femelles pour s’assurer la reproduction suivante, des chasseurs qui n’ont pas envie et pas l’intention de voir baisser la population de suidés. Le résultat, on le connaît.
Comme l’a rappelé Monsieur le préfet lors de l’assemblée générale de la fédération des chasseurs le 10 avril dernier, 862 hectares détruits dans le département, c’est l’équivalent de 6 fermes entièrement détruites. Et quel serait le coût total des dégâts agricoles si le cours du blé était à un prix rémunérateur pour les agriculteurs ? La note serait bien plus salée.
Lors des accords nationaux, l’État s’était engagé à abonder à hauteur de 60 millions d’euros sur 3 ans pour aider le monde de la chasse à enrayer la problématique dégâts. La totalité n’a pas été versée. Les finances de l’État n’ont pas permis le versement des 5 derniers millions promis mais le monde cynégétique n’a pas non plus atteint les objectifs de réduction des dégâts. Le monde agricole ne doit pas être la variable d’ajustement de ce désaccord chasse/État.
Alors quand je lis dans un journal local en première page que les chasseurs de 3 départements demandent à ne plus être les seuls payeurs, je reste sans voix.
Comme en agriculture, amis chasseurs, on récolte ce que l’on sème.
Sébastien DELANERY, secrétaire général FDSEA 51



