
Hausse des charges : il y a urgence !
1 avril 2026Comment se projeter aujourd’hui sur nos exploitations, envisager un avenir pour nos jeunes, dans un environnement hostile, et sans responsable politique crédible et motivé ? Il y a quarante ans, Coluche décrivait le coq comme le seul animal à chanter fièrement les pieds dans le lisier ; aujourd’hui, cette image est devenue une réalité cruelle. Elle ne fait surtout plus rire.
Je suis consterné par le déni de démocratie européen. Une eurodéputée m’affirmait le mois dernier qu’il fallait soutenir la taxe carbone sur les engrais afin de trouver une ressource supplémentaire pour financer la PAC, et qu’il fallait imposer notre modèle de société au reste du monde… Consternant !
Que dire de Mme Van Der Leyen qui brade notre agriculture à chacun de ses déplacements, sans tambour ni trompette, et surtout sans mandat. Avec elle, l’agriculture européenne est en promotion toute l’année !
Ces politiques européens, trop sûrs d’eux et qui vivent dans un monde imaginaire, me rappellent la fin tragique de l’Empire romain. Ne doutant jamais de sa puissance, il finissait par s’adonner à d’interminables palabres stériles. Incapable de maintenir son modèle, l’Empire sombra, et il s’en suivit mille ans de ténèbres moyenâgeux et d’obscurantisme religieux. À l’image d’un cycle cultural, l’histoire tend à se répéter.
Pourtant, nous avons des atouts et des possibilités. Notre première action doit être de lever les contraintes contre-productives sur notre métier. La Directive nitrates est par exemple nulle et inapplicable. Il faut purement et simplement la faire voler en éclats ! De même pour le principe de précaution et cette folie de renaturation, avec le retour des grands prédateurs, alors que nos aînés avaient tellement souffert de ce fléau.
Je dénonce aussi le « militantisme décroissant » tellement prégnant dans nos administrations et institutions, comme les agences de l’eau ou l’OFB. Un recrutement ou une nomination ne doit plus être un acte politique et militant ! Il faut également en finir avec le tabassage fiscal, systématique, qui décourage les entrepreneurs. Je pense, par exemple, à l’éco-contribution poids-lourd, une nouveauté en Grand Est qui menacera bientôt les autres régions.
Enfin, nous devons profiter de cette crise pétrolière pour affirmer nos forces. Notre agriculture est un facteur d’indépendance, alimentaire, bien sûr, mais aussi énergétique. Je félicite la FNSEA et ses associations spécialisées d’avoir réussi à faire échec au projet de Bercy d’augmenter les taxes sur les biocarburants (400 % sur le B100*). C’est certainement le moment de rebondir pour construire et développer les débouchés rémunérateurs dans la filière biocarburant.
* B100 : Biocarburant autorisé en France depuis 2018, le B100 est 100 % renouvelable, produit uniquement à partir de colza, permettant une réduction de gaz à effet de serre de l’ordre de 60 %. Il est destiné aux flottes professionnelles captives (transport de marchandises, de personnes, collectivités…).
Fabrice COUTURIER, Président de la FRSEA GRAND EST



