
Face à la crise de trésorerie : banques et filières, jouons la proximité !
26 août 2026Notre traditionnelle conférence, FDSEA 51 / Crédit Agricole du Nord Est organisée pendant la Foire de Châlons avait pour thématique cette année « 80 ans de résilience et un avenir à conquérir, comment l’agriculture peut-elle rester une chance pour la France ? »
En écoutant les échanges de la table ronde, une évidence s’impose. On peut parler d’attentes sociétales, de décarbonation, de souveraineté ou encore de transition énergétique mais rien ne se fera sans le revenu agricole. C’est le carburant indispensable à nos fermes. Les premiers chiffres de la récolte 2026 dans la Marne sont sans appel : le premier quart des exploitations les plus compétitives arrive tout juste à l’équilibre de leur compte de résultat. Alors, face à ce constat, baissons-nous les bras ? Certainement pas. L’agriculture marnaise n’a jamais été une agriculture de résignation, elle a toujours été une agriculture de conquête !
Pour bâtir les 80 prochaines années, plusieurs stratégies s’imposent. La résilience de demain passera par une multi-diversification : répartition des risques techniques, ressources énergétiques et couverture face aux aléas climatiques par des outils assurantiels performants, diversification des assolements, autonomie, etc. Il faudra investir dans les nouvelles technologies, la génétique, les équipements, pour améliorer notre compétitivité et produire différemment. Nous devons également repenser le financement de nos exploitations. Le coût du foncier et la lourdeur du capital d’exploitation sont des freins majeurs pour les jeunes. Demain, il faudra encore plus innover sur l’aspect financier. Faudra-t-il ouvrir nos capitaux d’exploitation à de nouveaux outils de portage ? Peut-être, mais à une condition : conserver la maîtrise totale de la gouvernance de nos outils et de nos décisions.
Face aux secousses économiques et géopolitiques, personne ne détient de solution miracle et ne peut faire face seul. Notre force réside dans l’interdépendance entre agriculteurs, syndicalisme, coopératives et banques. Comme le disait Gustave de Bohan : « Faisons nos affaires nous-mêmes ». N’attendons pas les solutions de l’extérieur : reprenons notre destin en main par la mutualisation et des stratégies partagées. La FDSEA poursuivra son combat pour les leviers fiscaux et réglementaires, mais c’est par la force du collectif et la confiance renouvelée que nous réussirons. Confiance mutuelle, audace et action collective sont nos clés pour demain.
Laurent Champenois, Président de la FDSEA51


