
Promotion et défense
21 août 2025
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27 août 202521 août 2025 : publication par la Commission européenne d’un « accord » commercial sur les droits de douane avec les États-Unis. Un accord ? Disons plutôt une humiliation totale pour ceux qui se lèvent chaque matin pour nourrir l’Europe et une capitulation de nos dirigeants européens face au président américain ! Bilan de ce « compromis » : des droits de douane de 15 % pour les exportations des Vingt-Sept vers les États-Unis. Des rétorsions ? Une compensation pour les Européens ? Rien du tout. Juste un accès facilité au marché européen pour les produits agroalimentaires américains. Le minimum attendu était un allègement tarifaire pour les vins et spiritueux – une solution approuvée par les parties prenantes de l’UE et des États-Unis – mais cela n’a pas été obtenu. 15 % : c’est ça la vision stratégique pour notre agriculture ? Pendant que Bruxelles s’empresse de concéder des avantages aux États-Unis, notre secteur est dépriorisé, encore et toujours.
Madame Von der Leyen, comment expliquez-vous le résultat de cette pseudo-négociation ? En quoi respecte-t-il les objectifs de l’Europe en matière de résilience rurale, de souveraineté alimentaire, de stratégie pour l’agriculture et les agriculteurs européens ? On nous parle de commerce équitable, mais l’équité, on l’attend toujours.
Nous demandons de toute urgence des éclaircissements sur les conditions de mise en œuvre de cet accord et les implications pour les producteurs de l’UE. Toute flexibilité accordée aux États-Unis ne doit pas se faire au détriment des normes de production ou des agriculteurs de l’UE. Cet accord n’est pas un pas en avant, c’est un recul qui affaiblit nos agriculteurs, nos coopératives et nos économies rurales déjà fragiles. Rappelons, en plus, que nous avons toujours l’épée de Damoclès du traité UE-Mercosur au-dessus de nos têtes. Avec force et détermination, nous dénonçons ce projet de traité qui est contraire, en outre, aux attentes des Français, à savoir se nourrir avec des produits sains et français. Pourtant, ce traité n’a jamais été aussi près d’aboutir ! Rappelons, par exemple, que ce traité autorise l’importation de 180 000 t de volaille et 99 000 t de viande bovine provenant d’élevages utilisant des antibiotiques et activateurs de croissance interdits chez nous. Il autorise aussi l’importation de 45 000 t de miel (1,5 fois la production française), 190 000 t de sucre (4,5 % de la production française, soit l’équivalent d’une sucrerie française) produit avec des cultures utilisant des produits phytosanitaires interdits en France, ou encore 8,2 Mhl de biocarburants (soit 50 % de la production française) avec des cultures déforestantes et des OGM interdits en France. Alors, stop ou encore ?
Décidément, nous marchons toujours sur la tête. Nous sommes en colère, et continuerons à nous battre, en dénonçant les incohérences et les fautes stratégiques de nos dirigeants. L’agriculture européenne mérite mieux que d’être la variable d’ajustement de négociations commerciales où elle n’obtient, visiblement, rien !
Laurent Champenois, Secrétaire Général FDSEA51