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Actualités professionnelles


Actualité professionnelle
Publié le 16/09/2021

La FNSEA a rencontré le Premier ministre

Le 2 septembre, Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, et Jérôme Volle, président de la Commission employeurs, ont été reçus par le Premier ministre.

L’un des premiers sujets abordés a été la réforme de l’assurance chômage « qui constitue un levier favorable pour inciter à la recherche d’emplois », a assuré Christiane Lambert à sa sortie de l’Hôtel de Matignon.

Actualité sociale, difficultés de recrutement, attractivité et bien d’autres sujets traités lors de cette rencontre

La FNSEA, reçue en tant qu’unique organisation représentative des employeurs agricoles, souhaite d’ailleurs « aller au bout de la réforme », a confirmé Jérôme Volle. Le syndicat agricole a eu l’assurance que le nouveau dispositif d’assurance-chômage, qui doit normalement entrer en vigueur le 1er octobre prochain, ne pénalisera pas les employeurs de main-d'œuvre agricole.

Il prévoit en effet, la mise en place d’un système de bonus-malus, afin d’inciter les entreprises à allonger la durée des contrats de travail et éviter un recours excessif aux contrats courts. Or l’agriculture est, par nature, un secteur exposé. « Nous ne sommes pas concernés par ce bonus-malus », a confirmé Jérôme Volle. C’est la même volonté d’aboutir rapidement qui pousse la FNSEA à mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il boucle sa réforme des retraites au plus vite.

Le syndicat agricole estime avoir « tout à y gagner. Et nous souhaitons y voir figurer les aides familiaux et les conjoints d’exploitant », a indiqué Jérôme Volle. L’inscription de telles dispositions dans la prochaine loi de Finances 2022 devrait suffi re à accélérer le processus.

Dégager un revenu

C’est sur les difficultés de recrutement que la FNSEA a le plus insisté auprès du Premier ministre qui était, accompagné du ministre de l’Agriculture, Julien Denormandie, de la ministre du Travail, Élisabeth Borne et du secrétaire d’Etat chargé des retraites, Laurent Pietraszewski.

« Cette année encore nous avons dû faire face à une pénurie de main-d’oeuvre », ont rappelé Christiane Lambert et Jérôme Volle. Nombre d’employeurs agricoles ont, en effet, eu recours à des travailleurs étrangers, soit sous contrat OFII 1, soit européens, soit travailleurs détachés. Interrogés par Jean Castex sur la politique de rémunération de ces travailleurs, les deux dirigeants de la FNSEA ont répondu que les rémunérations des salariés agricoles étaient également conditionnés aux revenus des agriculteurs et que ceux-ci dépendaient en grande partie du prix de leurs produits.

« Ce mouvement ne peut se faire qu’à la seule et unique condition d’une amélioration de la capacité des exploitations à dégager un revenu », ont martelé Christiane Lambert et Jérôme Volle demandant au Gouvernement d’aller au bout de la loi Egalim 2. Ce à quoi s’est engagé Jean Castex.

Former au métier

La FNSEA a, sur le même dossier, réclamé « une vraie harmonisation européenne sur la question du salaire minimum » et demandé une forte politique pour encourager les jeunes de moins de 26 ans à l’emploi, par le biais d’une incitation à l’immersion professionnelle et à l’engagement des jeunes dans les entreprises.

L’idée est de pouvoir former via le salariat, au métier de chefs d’exploitation, a expliqué Jérôme Volle, car près de la moitié des agriculteurs vont partir à la retraite dans les dix prochaines années. Autres dossiers abordés lors de ces discussions : ceux de l’emploi partagé et de l’apprentissage. « Les groupements d’employeurs n’ont pas fait partie du train de mesures pour émarger aux fonds débloqués après les épisodes d’intempéries de cette année. A notre demande, le gouvernement s’est engagé à rectifier le tir », a indiqué Jérôme Volle.

La FNSEA s’est félicitée de voir le nombre d’apprentis augmenter de 9.000 unités par rapport à l’an dernier et de constater que 6.000 jeunes de plus qu’en 2020 avaient rejoint l’enseignement agricole.

D’autres dossiers en débat

En marge des sujets purement sociaux, la FNSEA a abordé la question du plan d’investissement qui prendra la suite du plan de relance. « L’agriculture ne doit pas être oubliée », ont en substance indiqué Christiane Lambert et Jérôme Volle qui entendent que ce plan d’investissement, accompagne la transition numérique et la transition écologique du secteur, en s’appuyant notamment sur la recherche et l’innovation.

Le sujet de la gestion des risques, suite au rapport du député Frédéric Descrozaille (LREM, Val-de-Marne) a été évoqué de même que celui des zones de non-traitement (ZNT) suite à la décision du Conseil d’Etat.

« Il faut des mesures pragmatiques et rationnelles permettant aux agriculteurs de produire », ont demandé les deux représentants de la FNSEA. Ils ont par ailleurs insisté auprès du Premier ministre pour utiliser la présidence française de l’Union européenne afin d’instaurer des clauses miroirs, y compris dans ce domaine.


Par Source : Actuagri