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Publié le 20/05/2021

TRIBUNE : La souveraineté alimentaire, pilier de l’Europe

Célébrer la journée de l’Europe le 9 mai, jour de la déclaration de Robert Schuman, Père fondateur de la Communauté européenne avec Jean Monnet, a vraiment du sens en cette année 2021.

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA et
présidente du Copa-Cogeca

1951 : l’Europe sortait dévastée de six ans de guerre destructrice. Les économies des pays impactés étaient à terre, les États pansaient les plaies et projetaient la reconstruction ensemble, pour garantir la paix par le développement des économies et des échanges, persuadés que les Hommes sont plus durablement unis par ce qu’ils construisent ensemble, par l’Histoire qu’ils veulent écrire ensemble. Ainsi naquit la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1954 avec deux priorités : le charbon et l’acier, piliers de la renaissance industrielle. Force est de constater qu’il manquait un pilier essentiel : la garantie de nourrir les peuples, épuisés par les rationnements et les pénuries, sources d’instabilité et de peur de l’avenir. États-Unis et Canada faisaient offre de service pour nourrir les Européens, mais c’est le choix de l’alimentation par les Européens pour les Européens qui a prévalu. La Politique Agricole Commune portée sur les fonts baptismaux lors du traité de Rome en 1957 a encouragé et soutenu la production en quantité, qualité et accessibilité pour tous, considérée comme une politique stratégique pour le continent européen, reprenant la déclaration du Général De Gaulle : « un pays qui ne peut pas se nourrir ne saurait être un grand pays ». Force est de constater que les agriculteurs ont été au rendez-vous de l’Histoire.

Il est tentant de faire le parallèle avec 2021 : la crise est sanitaire mais a mis à l’arrêt des pans entiers des économies de très nombreux pays, cloué au sol les avions et désorganisé les flux commerciaux de nombreux matériaux, équipements, composants électroniques… au point que des usines stoppent les chaines des constructeurs automobiles ou tractoristes faute d’approvisionnement de pièces « made in China » ou « made in Taiwan » qui concentrent 80 % des fabrications de puces électroniques. Un grain de sable (des tonnes) bloque(ent) le Canal de Suez et c’est 20 jours de retard de livraison…sans alternative !

Pendant ce temps-là, les chaînes alimentaires françaises et européennes ont tenu bon, ont résisté au « crash-test » grandeur nature que nul n’aurait imaginé. Les agriculteurs ont produit quotidiennement, les artisans et industries agroalimentaires ont transformé, vendu, stocké, livré… Et tous ces acteurs de l’ombre ont été fidèles au poste.

Mieux vaut tard que jamais, le caractère stratégique et politique de l’Alimentation a été réhabilité. La peur de pénuries a ouvert les yeux à ceux qui l’avaient oublié. À l’heure où s’écrit la future PAC, la souveraineté alimentaire doit en rester le pilier, doublée de réponses aux enjeux du 21e siècle, écologique et climatique, pour lesquels l’Agriculture démontre de surcroit qu’elle contribue en termes de solutions, énergie, carbone et climat, en termes de services environnementaux sur tous les territoires européens.

Il faut maintenant traduire cette orientation stratégique en acte via une politique alimentaire basée sur la production dans nos territoires. C’est une nouvelle et belle page à écrire entre acteurs économiques agricoles, politiques et citoyens.