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Actualités professionnelles


Actualité professionnelle
Publié le 03/05/2021

« Le Gouvernement devra être méthodique et pragmatique »

Jérome Despey est revenu dans une interview sur les principales avancées obtenues avec le gouvernement suite à l’épisode de gel.

Rencontrer les deux principaux représentants de l’exécutif en moins de 48 heures, c’est plutôt inédit. Quelle a été la teneur de vos échanges ?

Jérôme Despey : Le président de la République et le Premier ministre ont réaffirmé leur volonté d’être aux côtés des agriculteurs. Nous avons échangé sur les suites des États généraux de l’Alimentation. Nous avons aussi évoqué la gestion de l’eau en s’interrogeant sur les disparités intra-européennes : l’Espagne stocke 40 % de son eau pluviale. La France seulement 4 %. Enfin nous avons évoqué les taxes Trump qui pénalisent une viticulture française déjà meurtrie après le Covid et le gel ! Le moratoire sur ces taxes prend fin au début du mois de mai.

Le Premier ministre a annoncé le déblocage d’une aide exceptionnelle d’un milliard d’euros. Avez-vous plus de détails ?

Le ministre de l’Agriculture a précisé que ce montant sera affiné en fonction des pertes réellement constatées. L’enveloppe sera ventilée dans trois volets : un volet « mesures d’urgence », un volet « mesures exceptionnelles » et un volet « préparation de l’avenir ». Sur le premier volet, il a confirmé l’année blanche pour les cotisations sociales pour les exploitants. Cette mesure devra être validée par la prochaine Loi de finances. Toujours sur le volet « urgences », Julien Denormandie a confirmé le dégrèvement de la taxe foncière sur le non-bâti, et le déblocage de crédits d’urgence délégués aux préfets. À notre demande, il va également étudier la possibilité pour les exploitations qui ont déjà remboursé leur prêt garanti de l’État conclu dans le cadre de la crise Covid, de le proroger. Enfin, le Gouvernement devrait permettre aux employeurs de main-d’œuvre la prise en charge du chômage partiel à hauteur de 84 %.

Et sur le volet mesures exceptionnelles ?

Le ministre a acté le déplafonnement du Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA) à 40 % pour les arboriculteurs et d’étendre ce dispositif à la viticulture et aux grandes cultures. La profession agricole souhaite néanmoins que l’application de ces mesures exceptionnelles ne décourage pas les agriculteurs qui s’étaient assurés. Le ministre m’a garanti qu’elles viendraient en plus des indemnités qui leur seront versées. Enfin, le ministère envisage le déblocage d’un fonds exceptionnel de solidarité, en s’inspirant du dispositif mis en place au profit de la restauration hors domicile victime du Covid. Là encore, les critères et modalités de versement restent à déterminer.

À quoi correspond le volet « préparation de l’avenir » ?

D’importants épisodes climatiques se multiplient chaque année. Il importe de se donner les moyens de les anticiper, de les prévenir. C’est pourquoi le ministre de l’Agriculture a proposé, dans le cadre de France Relance, de multiplier par deux le volet « aide aux investissements de protection face aux aléas climatiques ». Il sera, notamment attribué à la R&D, par exemple sur la recherche agroclimatique. Nous avons insisté sur la nécessaire refonte du FNGRA et du système assurantiel, en demandant que l’Europe prenne sa part. Le ministre a déclaré qu’il ferait des propositions lors d’une prochaine réunion. Enfin le moyen et le long terme, c’est aussi développer la lutte et les contrôles contre la francisation de certains produits et de travailler au dossier primordial de la gestion de l’eau.