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Actualité du groupe
Publié le 12/04/2021

Réforme de la PAC : des impacts concrets dans la Marne

En parallèle de l’opération escargot organisée à Reims par la FDSEA et JA 51, une délégation professionnelle était reçue par le Préfet de la Marne.

À g. : M. Lucbéreilh, sous-préfet de Reims, M. N’Gahane, préfet de la Marne, Mme Rogy, directrice des territoires.
À dr. : Hervé Lapie, Laurent Champenois et Adrien Perrier.

«M. le Préfet, la proposition du Ministère de l’Agriculture est parfaite pour diviser les agricultures. Elle créée des clivages entre les régions et les fi lières. Nous, c’est une PAC juste et équitable pour tous que nous défendons » ! Hervé Lapie rappelle les trois principaux griefs que la FDSEA et JA reprochent à la première copie du gouvernement actuellement en consultation : une vision très partielle de la PAC qui n’intègre pas le 2e pilier, une révision des aides couplées mettant à mal l’élevage bovin, et la création d’aides « écorégimes » qui risquent d’exclure entre 1/3 et la moitié des agriculteurs, qui perdraient ainsi entre 20 et 30 % de leurs DPB.

Des inquiétudes bien réelles

Le président FDSEA, accompagné par le secrétaire général, Laurent Champenois et Adrien Perrier, membre du bureau JA, alerte les représentants de l’Etat sur les impacts catastrophiques d’une telle politique pour l’agriculture marnaise. Laurent Champenois, par ailleurs président de la FDB et du comité élevage Marne, précise : « les 1ères simulations montrent qu’un éleveur bovin marnais, qu’il soit naisseur ou naisseur/engraisseur, perdrait facilement entre 6 et 8 000 e d’aides couplées par an. Si on ne veut plus d’élevage dans nos territoires, il faut nous le dire tout de suite. C’est la meilleure façon d’y parvenir ! ». Hervé Lapie complète sur les écorégimes : « la Marne est un département particulièrement diversifié. La plupart d’entre nous ont 7, 8 voire 9 cultures dans les terres qui le permettent. Pourtant, dans la plupart des cas, cette diversité reste insuffisante pour obtenir les cinq points nécessaires pour prétendre à l’aide de l’éco-régime. Cherchez l’erreur ! ». En grandes cultures, les premiers calculs aboutissent à une perte de revenus comprise entre 25 et 50 % de revenus en champagne crayeuse, et entre 60 et 120 % dans les régions Est et Ouest du département.

Adrien Perrier est également très inquiet pour la nouvelle génération d’agriculteurs : « pour pouvoir s’installer en agriculture, l’exploitation doit être viable, vivable, durable et transmissible. La plupart des jeunes qui s’installent aujourd’hui ont des projets de diversification et contribuent fortement au dynamisme de leur territoire. Ils doivent être encouragés, et non freinés par une PAC qui sanctionne ».

Les négociations se poursuivent

M. N’Gahane incite les élus agricoles à transmettre un maximum d’exemples concrets et chiffrés aux organisations nationales, afin que le ministère prenne davantage en compte les réalités du terrain. Pour lui, il serait logique « de valoriser tous les atouts et les pratiques déjà vertueuses mises en place dans le département : la culture de la luzerne ou les infrastructures agro-écologiques déjà présentes par exemple ». Le conseil du Préfet est déjà appliqué par les élus FNSEA et JA. Hervé Lapie participe d’ailleurs, en tant que membre du bureau FNSEA, à plusieurs réunions et rendez-vous, toutes les semaines, sur ce sujet.

Réforme de la PAC : les positions de la FNSEA

Le Conseil d’Administration FNSEA, réuni le 6 janvier 2021, a adopté les orientations suivantes pour la construction du Plan stratégique national français :

  • les aides de la PAC doivent être attribuées aux agriculteurs véritables ;
  • la FNSEA propose de faire l’équivalent de la moitié du chemin de la convergence d’ici 2027 (fin de la période de programmation) à condition de compenser les secteurs et régions les plus impactés ;
  • la FNSEA se positionne pour le maintien du Paiement redistributif dans les mêmes conditions qu’aujourd’hui, soit avec une enveloppe limitée à 10% du premier pilier et son versement sur les premiers hectares jusqu’à la surface moyenne des exploitations françaises, soit 63 hectares ;
  • la FNSEA souhaite conserver des aides couplées significatives en faisant évoluer le couplage dans ses modalités, son montant, et par la mise en œuvre de Programmes Opérationnels, afin de limiter les effets de la convergence ;
  • la FNSEA souhaite conserver le ciblage de l’ICHN sur l’élevage ;
  • un signal fort doit être donné à la gestion des risques en appliquant les évolutions d’OMNIBUS à isopérimètre des taux de pénétration, et en utilisant les marges de manœuvre budgétaires de l’Etat permises par les nouvelles règles de cofinancement ;
  • l’effort à réaliser en matière d’investissement doit trouver sa traduction dans la mise en œuvre des Plans de relance (national et FEADER) ;

En complément à cette position, le Conseil d’Administration a tenu à réaffirmer l’importance d’un éco-régime accessible à tous les agriculteurs et quels que soient leur région ou leur système de production. C’est bien le maintien des équilibres entre les territoires et entre les filières qui guide la FNSEA dans ses prises de positions.


Le 2 avril, la FDSEA et JA de la Marne organisaient une opération escargot en centre-ville de Reims pour s’opposer à la proposition PAC du ministère, et proposer d’autres mesures « plus justes et équitables »
     

Par Catherine Pierlot, FDSEA de la Marne