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Actualité professionnelle
Publié le 08/01/2021

La place des femmes dans l’agriculture

La Commission Nationale des Agricultrices de la FNSEA (CNA) a organisé en décembre, son assemblée générale en visioconférence. L’occasion pour les agricultrices de débattre sur de nombreux sujets.


L’égalité homme-femme, comment attirer des jeunes femmes à l’agriculture ? Comment leur donner le goût et l’envie de s’engager dans le syndicalisme agricole ? Comment parvenir à concilier la vie de femme, de mère, d’agricultrice et de syndicaliste ? Que faire contre les violences conjugales ? Telles sont quelques-unes des nombreuses questions que les agricultrices de la CNA se sont posées.

Pour débattre de tous ces sujets, la présidente de la CNA, Jacqueline Cottier, avait convié de prestigieuses invitées. Des femmes bien sûr ! Tout d’abord, la sénatrice Annick Billon, présidente de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. L’occasion pour elle d’évoquer le rapport écrit par son prédécesseur à ce poste, Chantal Jouanno : « Être agricultrice en 2017 ». Ce rapport pointait des avancées notables dans un secteur longtemps dominé par les hommes et identifiait des défi s importants à relever. « C’est un rapport qui est toujours d’actualité », a souligné Annick Billon.

Lutter contre les stéréotypes

« Il est vrai que les agricultrices ont réalisé et réalisent toujours un travail considérable », a pour sa part affirmé Élisabeth Moreno, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes, à la diversité et à l’égalité des chances. « Elles ont joué et jouent un rôle majeur dans la prospérité de notre pays », a-t-elle ajouté, rendant hommage à l’action de la FNSEA qui a « sorti les femmes de l’invisibilisation ». Dénonçant les inégalités subsistantes et appelant à lutter contre les stéréotypes qui constituent autant de freins sociaux, elle plaide pour un meilleur accès aux stages, au foncier, aux financements, aux moyens de production, afin d’accroître la viabilité des exploitations dirigées par les femmes. Une viabilité économique qui est aujourd’hui inférieure à celle des hommes. Faut-il pour cela mettre en place des quotas « pour faire sauter le plafond de verre ? », selon l’expression de Karen Serres, ancienne présidente de la CNA.

« Briser les autocensures »

Dans ce domaine, les avis sont partagés. Pour Françoise Liébert, haute fonctionnaire en charge de l’égalité des droits femmes-hommes au ministère de l’Agriculture, il existe une « utilité des quotas en première intention » pour en quelque sorte « amorcer la pompe ». Car « on ne peut pas compter que sur la bonne volonté de nos collègues masculins », a glissé Élisabeth Moreno. D’ailleurs sans la loi Copé-Zimmermann (2011), le nombre de femmes dans les conseils d’administration des grands groupes ne serait jamais passé de 15 % à 40 %. La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, acquiesce, reconnaissant que c’est parce qu’un poste de vice-président du CDJA du Cantal était statutairement réservé à une femme qu’elle a pu arriver à cette fonction. Mais comme beaucoup, elle n’est pas une « femme de quotas. Je crois plus au témoignage de ce qu’on est et de ce qu’on porte », à l’image d’une Jeannette Gros, première femme à être devenue présidente de la CCMSA. Sophie Alzien, agricultrice en Ariège, témoigne aussi de son opposition aux quotas : « j’étais allée à reculons sur la liste FDSEA pour mon premier mandat à la Chambre d’agriculture. L’expérience n’a pas été très positive. En revanche, pour mon deuxième mandat, j’ai décidé d’y aller et je suis nettement plus impliquée et plus motivée », a-t-elle confirmé. Il faut par conséquent « briser les autocensures », a ajouté Elisabeth Moreno ainsi que « donner une image positive de l’engagement et ne pas avoir peur de se jeter à l’eau », a conclu Christiane Lambert.