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Actualités professionnelles


Actualité professionnelle
Publié le 10/09/2020

Rebondir et rester compétitif face à la crise

L’analyse des coûts de production est le prélude à une réflexion stratégique, notamment en matière de commercialisation et d’organisation de l’entreprise.

La crise du Covid-19 a mis en évidence les incohérences et les limites du système auxquels sont confrontés les agriculteurs. C’est une goutte d’eau qui tombe dans un vase déjà bien rempli en termes d’aléas, qu’ils soient climatiques, sanitaires, environnementaux et sociétaux.

Perte de repères

 Durant la période du confinement notamment, on a pu constater une demande plus forte de produits locaux, une problématique de main-d’oeuvre, des produits en panne de consommateurs ou, à l’inverse, saturés par la demande (farine, oeufs…). Le spectre de la pénurie s’est vite fait ressentir par des français qui se sont rués sur certains produits, amplifiant ainsi le phénomène. L’impact au niveau des filières a été violent et a nécessité une rapide adaptation pour que l’approvisionnement des points de vente puisse se maintenir. Certains schémas commerciaux ont dû être repensés pour limiter les ruptures. À l’inverse, la restauration hors domicile, l’export, les évènements festifs ont été stoppés net, laissant tous les acteurs des filières concernées sans débouchés. Des productions AOP en vins et spiritueux, élevage, fruits et légumes, horticulture furent touchées les premières. La situation est inédite et exceptionnelle. On a tous perdu nos repères pendant cette crise qui a mis à mal beaucoup de nos certitudes. Mais des enseignements doivent être tirés pour rebondir, en intégrant ce que la société attend de l’agriculture.

 Face à une crise pleine d’incertitudes, améliorer la durabilité de son exploitation est primordial.

À chacun son modèle pourvu qu’il soit durable

 Nourrir la population est la mission première de l’agriculture. Mais, il n’y a pas un modèle unique pour la mener à bien. Il appartient à chaque agriculteur de définir son propre système de production et de commercialisation (filière courte ou longue). Ces choix conditionnent le degré de finition du produit sortant de l’exploitation et le nombre d’intermédiaires avant l’arrivée dans le panier du consommateur! D’où un impact différent sur les coûts de transformation et de distribution.

La production d’énergies renouvelables, de services d’entretien et d’aménagement du territoire, la captation de carbone, constituent d’autres pistes pour créer de la valeur sur les exploitations. L’objectif est d’assurer la pérennité et surtout la durabilité du système d’exploitation.

Des adaptations sont enclenchées dans chaque ferme à des degrés très différents. Elles doivent répondre à trois enjeux: valoriser le travail de l’exploitant, intégrer l’impact environnemental du projet pour assurer sa pérennité, bien connaître les coûts de production pour chercher à les adapter au prix du marché visé. Il ne s’agit pas d’opérer un nivellement des coûts par le bas pour répondre au marché. On constate que derrière des moyennes de coûts de revient d’une production, se cache une multitude de situations qui sont le reflet de stratégies d’organisation et de conduite de production très différentes (voir encadré 1).

L’important pour l’agriculteur est de parvenir à saturer son outil de production dans son utilisation, avec l’organisation que cela induit. AS Entreprises et FDSEA Conseil aident les exploitants depuis de nombreuses années sur cette question. Le partenariat avec la start up Piloter sa Ferme a permis d’aller plus loin dans cet accompagnement en profitant de leur expérience à l’échelle nationale.

La porte d’entrée, qui est de connaître ses coûts de production et de mesurer l’impact d’un changement sur ses coûts, est un moyen de projeter une évolution de l’exploitation. 

 


1. Mieux saturer son outil de production

Les analyses de groupes et projections réalisées par FDSEA Conseil chaque année mettent en évidence des écarts de résultats importants. Prenons l’exemple du blé qui couvre presque 1/3 de la surface cultivée de notre région. À résultat équivalent en terme de rendements, 25 % des exploitations doivent réaliser un chiffre d’affaires de 1 755 €/ha, soit 195 €/t pour couvrir les charges restant à financer, après avoir perçu les aides PAC. A contrario, les 25 % les moins élevées en coût dégagent de la rentabilité à partir d’un prix de vente de 144 €/t. Concernant la commercialisation d’un même blé répondant aux mêmes normes, les écarts de prix se situeraient entre 20 et 30 €/t pour un prix de vente moyen de 165 €/t. Au cumul, l’enjeu peut représenter jusqu’à 700 €/ha d’écart entre les extrêmes. La dimension de l’exploitation n’est pas toujours synonyme de coût de revient « faible ». Les coûts de revient les plus faibles sont plutôt liés à la capacité de l’agriculteur à gérer et saturer son outil de production, avec toute l’organisation que cela induit. (*) prix 2019 provisoire.

2. Repenser sa stratégie commerciale

Les formations ou rencontres individuelles proposées par les conseillers de FDSEA Conseil et AS Entreprises permettent aux agriculteurs de calculer leurs coûts de production pour se comparer. L’objectif est de prendre conscience de la nécessité de préparer une stratégie adaptée aux risques agricoles, au profil de l’exploitant et aux besoins de l’exploitation. Maîtriser ses coûts de production, c’est anticiper des risques ! En fonction du mode de commercialisation que chacun choisit, des exercices de mise en marché sont animés par les conseillers de Piloter Sa Ferme. Ils permettent d’aiguiser la stratégie de vente et ainsi mesurer la pertinence des choix de ventes que l’agriculteur aura effectués, en fonction des contraintes de son entreprise et des préconisations de PSF. Gérer sa commercialisation, c’est gérer des risques !

3. Formation et/ou travail avec son conseiller

FDSEA Conseil et AS Entreprises organisent une formation le 4 novembre 2020 pour appréhender cette notion de coûts de production et mettre en place une réflexion stratégique. Ce travail est également proposé en accompagnement individuel avec le conseiller de l’exploitant.

Formulaire d'inscription à la formation: Maîtriser mes coûts de production pour gagner en compétitivité


Par Olivier Josselin et Carole Meilleur