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Actualités du groupe


Actualité du groupe
Publié le 29/10/2019

Des rendements mais pas les prix

 
 Le marché ne permet pas de rémunérer le blé à son coût de
revient, même avec un bon rendement et les systèmes spécialisés
en cultures industrielles et céréales se fragilisent.

Nous sommes en juillet 2019, les rendements sont bons pour les céréales à paille !

Quoi de mieux ? Le pays de la gastronomie met dans son assiette des produits issus de l’agriculture reconnue pour être la plus durable au monde.

Quelle satisfaction si on pouvait retrouver cette distinction dans le prix. L’enquête rendements réalisée par la Chambre d’agriculture apporte un éclairage sur les résultats techniques de la moisson 2019 avec des rendements hétérogènes.

• blé : 9,2 t/ha (de 5,4 à 11 t/ha)

• escourgeon : 8,5 t/ha (de 6 à 10,5 t/ha)

• orge de printemps : 7,5 à 8 t/ha

• colza : 3,4 t/ha (de 1.1 à 4,6 t/ha)

 

L’automne sec 2018 a perturbé les récoltes d’automne mais également l’implantation de la culture suivante.

Les semis de colzas 2018 n’ont pas été réalisés dans certains cas ou ont connu des levées parfois compliquées, provoquant des problématiques de ravageurs liées à l’hiver plutôt clément.

Au final, les assolements ont fortement évolué par rapport à 2018. Nous dirons que le transfert de surface sur les céréales à paille a été plutôt judicieux en termes de rendements obtenus. D’un point de vue qualité, le blé est satisfaisant, alors que les orges montrent quelques faiblesses pour la transformation brassicole.

Les récoltes d’automne (betteraves, maïs, pommes de terre, tournesol…) sont sous les projecteurs un peu chauds de la météo et des marchés, laissant craindre un impact significatif sur le compte de résultat des producteurs concernés. Les éleveurs subissent encore les effets du sec, avec des stocks fourragers qu’il va falloir compenser.

Cela va générer des charges dont ils se passeraient actuellement. La filière luzerne semble bénéficier de rendements plutôt meilleurs qu’en 2018 pour des éleveurs qui en auront bien besoin !

Quelle stratégie adopter dans un tel contexte ?

 
 

Stopper une production, c’est se priver d’un hypothétique retournement du marché. Le conseil est périlleux à donner. Ce dont nous sommes sûrs : les exploitations, dont les coûts de production sont les plus faibles, sont les mieux armées pour pallier les aléas climatiques et économiques. Ces exploitations ne sont pas toujours les plus grandes mais elles réussissent à saturer leurs moyens de production, se détournent des marchés volatils ou recherchent l’autonomie sur certains postes de charges. La diversification des activités est un levier complémentaire que bon nombre ont choisi pour compenser ce secteur d’activité de plus en plus exposé aux aléas.

Pression sur les prix des céréales

La bonne récolte française, européenne, mondiale pèse sur les prix. Notre production nationale, qui bénéficie de cette notoriété environnementale, ne bénéficiera que du prix du marché standard international. Les oléagineux bénéficient d’un peu d’intérêt actuellement. Les aléas climatiques de l’année 2019 bouleversent les métiers qui dépendent de la météo, en de nombreux endroits de la planète. À voir comment les équilibres entre toutes ces régions vont évoluer ! Concernant les cultures qui arrivent plus tard en saison, le scénario 2018 semble se reproduire (rendements médiocres en pommes de terre fécule, maïs, betterave, tournesol en 2018). Les craintes sur les rendements 2019 sont réelles, à l’exception des parcelles irriguées en pommes de terre de consommation dont le potentiel est moins entamé.

Production betteravière en berne

La double peine du rendement et du prix de 2018 a l’air de se reproduire. Les cours du sucre peinent à remonter. L’impact négatif sur le revenu de la ferme Marne sera encore très significatif.

Fragilité des élevages

Les systèmes d’exploitation basés sur des systèmes fourragers prairies et/ou maïs vont devoir faire face au déficit de pluie depuis juin qui nécessite de nourrir les animaux avec la bonne récolte de fourrage du printemps. Il faudra tout de même reconstituer les stocks hivernaux qui ont été consommés depuis ! Les systèmes spécialisés en cultures industrielles et céréales se fragilisent. Le résultat des exploitations spécialisées en cultures du département devrait se situer en moyenne entre 140 et 180 e/ha. C’est 3 fois moins que dans les années 2010-2014 pour la Champagne Crayeuse. Pour les régions Est et Ouest de la Marne, les systèmes spécialisés en maïs grain non irrigués seront impactés.

Baisse des aides PAC

Presque 5 % d’aides PAC en moins pour 2019, c’est environ - 12 e/ha de cultures, soit - 6.4 millions d’e pour la ferme Marne en 2019. Le résultat moyen des années 2010-2014 de la ferme Marne (grandes cultures uniquement) de 450 e/ha baisse de presque 300 e/ha. 200 e/ha sont imputables à la baisse des aides PAC, le reste aux impacts négatifs du climat et du marché. L’absence de filets de sécurité, comme ils existaient auparavant, ne permet plus de réguler les excès du marché.

 

 

Un marché qui ne permet pas de rémunérer le blé à son coût de revient, même avec un bon rendement… 

 Les charges engagées pour une production se raisonnent avec un objectif de rendement qui correspond généralement à la moyenne 5 ans. La majorité des producteurs marnais ne couvrira pas ses coûts de production. Le ¼ des exploitations dont les coûts de production sont les plus faibles peut espérer obtenir un prix de vente en phase avec le marché actuel. Concernant la production betteravière, la perspective de rendement laisse entrevoir des coûts de revient encore élevés.

 

Se former, connaître et agir sur ses coûts de production

Quel que soit le mode de commercialisation, la connaissance des coûts de production est primordiale pour bien aborder le marché. Le but est de vérifier sur plusieurs années si le système d’exploitation, ou disons la stratégie, est durable par rapport à ce que le marché est capable de donner.

Le pilotage d’une entreprise doit essayer d’intégrer et anticiper au mieux des aléas. Les assurances en couvrent certains mais n’ont pas vocation à provoquer un profit, juste à couvrir un risque pour ne pas faire basculer l’entreprise du mauvais côté.

D’autres aléas seront contenus grâce à la stratégie que vous avez adoptée ou adopterez. Vous êtes un groupe constitué, à l’échelle d’un territoire ; vous vous interrogez seul sur votre exploitation, sur les performances économiques de vos productions ou vous avez un projet.

Cette formation est faite pour vous : "La maîtrise de ses coûts de production pour gagner en compétitivité" Une journée pour les calculer et vérifier la pertinence de sa stratégie.

Le 3 décembre 2019 à Reims Le 12 décembre 2019 à Châlons-en-Champagne

Contact : ojosselin@fdsea51.fr

Inscription par mail auprès de Muriel Prévoteau : mprevoteau@fdsea51.fr

Pré-inscription possible sur le Bureau de l’entrepreneur, outil "Ma formation"


Par Olivier Josselin - FDSEA Conseil