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Actualités du groupe


Actualité du groupe
Publié le 23/09/2019

PAC post-2020 : entre inquiétude budgétaire et opportunités à saisir

 
 Claude Soudé, Christiane Lambert, 
Maximin Charpentier et Jean Rottner ont débattu
devant plus de 400 personnes.

Quelle ambition a l’Europe pour l’Agriculture et avec quel budget ?

Quel projet porté par la France et la région Grand Est ?

Quel regard de la Profession agricole ?

Autant de questions débattues lors de la conférence FDSEA 51 - Crédit Agricole du Nord Est, le 2 septembre à la Foire de Châlons.

C’est dans un contexte très incertain (changement de gouvernance de l’Europe, Brexit dans le brouillard, géopolitique mondiale très instable) que les travaux de la future PAC vont reprendre à partir du 1er novembre. Claude Soudé, directeur adjoint de la FOP, a dressé, en préambule de la conférence FDSEA 51 - Crédit Agricole du Nord Est, un état des lieux synthétique du nouveau contexte et des enjeux (voir encadrés).

Inquiétudes sur le budget et le verdissement du Parlement

Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, estime que la future PAC s’annonce dans la continuité de l’actuelle : "on garde deux piliers avec un axe fort sur les soutiens directs". Ses sujets d’inquiétude portent davantage sur l’impact budgétaire du Brexit et la configuration plus éclatée du nouveau Parlement, avec un poids plus important des partis écologistes, au sein desquels "des extrêmes opposent systématiquement agriculture et environnement".

Et de marteler : "soyons offensifs pour défendre une agriculture compétitive, résiliente et durable !". Enfin elle invite l’État français à bâtir un plan stratégique pragmatique et cohérent avec les plans filières de la loi EGalim.

… mais des opportunités à saisir

La présidente de la FNSEA voit dans le nouveau dispositif des eco-schemes une opportunité pour proposer des mesures de transition agro-écologique de masse, profitables au plus grand nombre. Et elle souhaite faire reconnaître toutes les actions déjà menées par les agriculteurs sur le plan environnemental.

"Nous les faiseux, nous expliquons aux diseux qu’il nous faut du temps et une transition accompagnée !". Pour Maximin Charpentier, il faut "organiser l’agriculture pour qu’elle puisse aller chercher les compensations économiques liées à la captation du carbone. Les éco-schemes représentent une opportunité pour rémunérer le bilan carbone des exploitations".

Il insiste sur la nécessité d’avoir une approche globale des systèmes d’exploitation plutôt que de raisonner filière par filière.

"Comment produire sur une année le plus de matière sèche avec le moins d’énergie possible ? Dans quelques années, nous serons capables de produire nos engrais sur nos fermes".

Le Grand Est : région leader

Le président du Conseil régional Jean Rottner s’engage à "accompagner l’évolution nécessaire du système agricole de la région Grand Est avec tous les acteurs locaux" qu’il estime très motivés. Il souhaite faire de son territoire (deuxième région agricole française) une région leader au niveau national et européen, grâce à une agriculture moderne, innovante, en pointe sur la bio économie.

"Si on ne s’appuie pas sur l’agriculture pour opérer en douceur la transition carbone et écologique, on n’y arrivera pas" décrète-t-il. Une analyse partagée par Maximin Charpentier qui ne s’attend pas à une grande réforme de la PAC et propose plutôt de travailler "sur nos propres dynamiques de territoire, en s’appuyant sur nos spécificités et nos propres leviers de croissance".

Il préfère quelques mesures phares mises en oeuvre par chaque région, en s’attachant à une cohérence globale nationale pour éviter les distorsions de concurrence entre régions, plutôt que le soupoudrage financier via des petites mesures (950 MAE dans la PAC actuelle).

En conclusion, tous s’accordent à dire que face aux mutations auxquelles ils sont confrontés, les agriculteurs doivent repenser leur système d’exploitation en profondeur en partant de leurs atouts, leurs contraintes, les demandes des marchés. Et ils peuvent compter sur les organisations professionnelles pour les accompagner.

 

Une baisse du budget agricole

Théoriquement, le Royaume Uni devrait sortir le 31 octobre de l’Union européenne. Son départ aura bien entendu des conséquences sur le budget européen et les échanges commerciaux, avec la mise en place de droits de douane au 1er novembre.

Les incidences du Brexit sont énormes sur le commerce français ( -1,3 milliards d’euros (en solde) pour les vins et spiritueux, -800 millions d’euros pour les produits laitiers et -400 millions pour les fruits et légumes…) et sur la Ferme France (-500 millions d’euros de revenu agricole dont 67 millions pour la région Grand Est). L’Europe des 27 a donc proposé un nouveau budget sans le Royaume Uni pour la période 2021-2027.

Pour la première fois, le budget agricole n’a plus la première place, mais la deuxième, à hauteur de 30 %.

Parmi les autres priorités, citons la recherche, l’innovation, le climat, l’environnement, la migration, la sécurité et l’action extérieure.

 

Un contexte européen complexe

Les travaux de la PAC post-2020, engagés en 2017, reprendront avec la mise en place de la nouvelle Commission européenne le 1er novembre. Au sein du nouveau Parlement, les socialistes et démocrates, alliés au PPE, n’ont plus la majorité.

Ils devront en permanence obtenir des alliances avec d’autres partis, fluctuantes selon les sujets. Les députés français sont davantage dispersés entre les différents partis ce qui ne va pas faciliter la capacité de la France à faire porter sa voix au sein de l’Europe.

Avec cette nouvelle gouvernance, on assiste à de nouveaux rapports de force. Les quatre principaux partis du Parlement voudraient imposer leur programme de politique de coalition au Conseil et à la Commission. Pour trouver une majorité, la présidente de la Commission a proposé un programme autour de six thèmes jugés fédérateurs tels que la neutralité carbone d’ici 2050, une stratégie biodiversité, le passage au numérique, une Europe plus forte dans le monde…

Le réchauffement climatique et l’environnement seront au coeur des débats et une priorité pour tous.

Et l’instauration de la nouvelle procédure d’initiative citoyenne européenne va apporter de nombreux sujets sur la table du Parlement et de la Commission.

 

Accompagner le plan protéïque

Au-delà des intentions évoquées par le président Macron à Biarritz, Christiane Lambert demande au Gouvernement d’accompagner concrètement le plan protéïque en mettant en place les conditions techniques et économiques nécessaires, sous peine de voir baisser encore la sole de colza.

Elle rappelle que la France est dépendante à 48 % en protéines grâce notamment à la filière des biocarburants, contre 70 % pour l’Europe.

 

Une architecture nouvelle de la PAC

La nouvelle commission agricole du Parlement et la Commission européenne veulent apporter chacune leur empreinte sur la future PAC dont l’entrée en vigueur sera repoussée à 2022 ou 2023.

Les objectifs affichés sont toujours les mêmes : avoir un revenu agricole durable, augmenter la compétitivité et la position des agriculteurs dans la chaîne de production alimentaire, s’adapter au changement climatique, avec plus de simplification, un meilleur ciblage, des aides, la mesure des résultats.

Ce qui va changer c’est la méthode.

Chaque Etat va devoir proposer un Plan Stratégique National, validé par la Commission, suivi et évalué. Les deux piliers de la PAC seront analysés de manière commune et cohérente. Conditionnalité et verdissements seront fusionnés. Autre nouveauté : l’introduction des "eco-schemes", programmes environnementaux du premier pilier, mis en place par les États.

Ils complètent les mesures climatiques et environnementales du deuxième pilier.

 

Ils ont dit

 
 Hervé Lapie, président de la FDSEA de
la Marne
 Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture: "il faut
que l'Agriculture française soit fière d'elle".

Hervé Lapie, président de la FDSEA 51, lors de la synthèse des travaux :

"l’agriculture peut être une solution à toutes les questions sociétales : l’alimentation pour tous, la traçabilité, le réchauffement climatique, le développement des énergies, la biodiversité, l’emploi.

La nouvelle PAC doit redéfinir un projet, une vision en protégeant à la fois les consommateurs et les producteurs. Ceux-ci doivent être rémunérés pour tous les services rendus".

Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et l’Alimentation, lors de son passage éclair pour conclure la conférence :

"La France se bat aux côtés de 20 autres pays pour maintenir le budget de la PAC correspondant aux 27 pays (et non plus 28 à cause du Brexit).

Elle défend l’idée d’une PAC simplifiée, avec un cadre commun, un premier pilier fort avec des aides directes fortes.

Le deuxième pilier doit favoriser l’installation et l’instauration d’une assurance généralisée pour gérer les risques.

Je souhaite co-construire avec la Profession agricole le nouveau modèle agricole de demain".


Par Carole Meilleur, Groupe FDSEA 51