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Actualités du groupe


Actualité du groupe
Publié le 30/08/2019

Gagnez en compétitivité

 
 Les exploitations qui ont les coûts de production les plus
élevés sont souvent les plus fragiles.

À la Foire, les collaborateurs d’AS Entreprises et FDSEA Conseil apporteront leur expertise. Il sera notamment question des seuils
de commercialisation, indicateurs essentiels d’une gestion dynamique de son entreprise. Analyse à chaud des premières
estimations de résultats de la récolte 2019.

Je produis du blé, il produit du blé ! "Il" est donc mon concurrent ! Mais qui est ce "il" ? Est-il Français ? Européen ? Où est-il ? Le marché se cale toujours sur le moins disant en termes de prix quand il y a abondance. Mais suis-je capable de produire dans ces conditions ?

Se projeter pour ne pas subir

La compétitivité est un terme qui revient souvent quand le marché s’aiguise et devient concurrentiel. Etre moins compétitif quand le marché est porteur n’est pas un problème. On serait même encouragé à augmenter les coûts pour limiter la pression fiscale. Ce réflexe peut être fragilisant voire fatal quand le marché s’inverse. N’oublions pas qu’un investissement fait sur un coup de tête pour agir sur la fiscalité de l’année en cours aura des répercussions sur la trésorerie des années suivantes. Connaissez-vous le résultat que vous dégagerez dans un, deux ou trois ans ?

Non ! Donc prudence privilégions donc des investissements rationnels et adaptés. Qui en mai 2018 pouvait prédire un revirement de marché tel qu’il a été au lendemain de la moisson ? Qu’en sera-t-il en 2019 ? Face à de telles volatilités de marché, il faut se préparer au scénario le plus complexe, c’est-à-dire être capable de produire pour un coût inférieur au chiffre d’affaires le plus faible.

Bien comprendre le calcul de ses coûts

L’objectif est de connaître à quel prix la vente d’une tonne de sa production permet de couvrir tous les besoins financiers auxquels doit faire face l’exploitation. On parle bien des dépenses pour faire tourner l’exploitation mais aussi du "train de vie des dirigeants de l’exploitation". Il est impératif de définir le niveau de prélèvement privé attendu de son exploitation pour vérifier si l’organisation de l’entreprise est cohérente.

Si ce dernier point n’est pas inclus, on se retrouvera parfois avec un endettement de l’exploitation qui progressera d’année en année, et ce jusqu’à quand ? Le réveil ou la prise de conscience peut un jour s’avérer compliqué …

Coûts de production élevés = signe de fragilité !

Les analyses de groupe sur les coûts de production réalisées par FDSEA Conseil mettent en évidence des écarts significatifs. Chaque année le constat est le même, les exploitations qui ont les coûts de production les plus élevés sont souvent les plus fragiles. Preuve en est, les 25 % les moins économes supportent des frais financiers plus importants.

Définir une stratégie d’entreprise qui répond aux enjeux

Coûts de production, choix de mécanisation sont le reflet de stratégies différentes qui conduisent certains à vouloir aller plus loin pour imaginer un modèle d’exploitation adapté à l’évolution de ce qui environne l’agriculture. Des formations sont proposées par FDSEA Conseil pour accompagner le changement et aider à faire prendre conscience de la nécessité de travailler sur la compétitivité.

La FDSEA propose à ses adhérents des clubs ou groupes de réflexion (Dynamique Projets) qui favorisent le partage d’expériences entre exploitants. Les Clubs travaillent sur les domaines qui émanent des réflexions d’agriculteurs : Agriculture de conservation, Bio, Lait, Vallées inondables, Abeilles, Méthanisation, Photovoltaïque...

 

 

Coût de production

Prenons l’exemple du blé 2019 avec une hypothèse de rendement de 9,2t/ha : pour couvrir l’ensemble des besoins financiers engagés sur cette production, nous estimons qu’un quart des exploitations doivent vendre leur blé à 141 €/t, la moyenne est à 163 €/t et un autre quart à 191 €/t. Sauf incident climatique ou contrainte spécifique sur une production, le coût de revient d’une activité est généralement le reflet de la stratégie de l’exploitation. Traduit en besoin de chiffre d’affaires par ha de blé, un quart devront encaisser 2 000 €/ha et l’autre quart extrême y arrivera avec 2 542 €/ha (y compris une rémunération du travail de l’exploitant identique pour les deux groupes). Les aides PAC en couvriront une partie, le reste devra être financé par la vente du blé. Au final 25 % des exploitations gagneront 458 € de plus que leurs homologues dont les coûts sont élevés. La moyenne doit être une indication pour permettre la comparaison mais en aucun cas une référence à reprendre pour son compte personnel !

 

 

Les intrants : à travailler 

Concernant les charges d’intrants des cultures, les écarts entre les quarts supérieur et inférieur sont de l’ordre de 150 à 170 €/ha sans effets significatifs sur les rendements obtenus. Engrais et produits de défense des cultures représentent 90 % de l’écart. La simple lecture par les chiffres ne suffit pas pour optimiser le coût. La technicité (éventuellement avec un appui) est un levier à ne pas négliger.

 


La mécanisation : le grand écart 

 
 Figure 1, estimation 2019.


L’échantillon analysé se situe dans la même région avec les mêmes contraintes. Sur 2019, le coût de la mécanisation sur du blé est estimé à 378 €/ha en moyenne. Pour 25 % des exploitations de Champagne Crayeuse les moins onéreuses, ce sera 256 €/ha, pour les 25 % les plus onéreuses la facture avoisinera 535 €/ha.

Cet écart, c’est du résultat que l’on retrouve ou pas à la fin de l’exercice. Figure 1, estimation 2019. Il faut garder du bon sens et ne pas faire des dépenses disproportionnées qui auront des effets sur les années suivantes aux ressources incertaines.

A l’inverse stopper tout investissement peut compromettre la pérennité de l’outil de travail.

L’organisation, la technique culturale ou le collectif peuvent être des réponses parmi d’autres.


Par Olivier Josselin - FDSEA Conseil