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Actualités du groupe


Actualité du groupe
Publié le 07/03/2019

Préservons nos apiculteurs et nos agriculteurs !

Hervé Lapie et Mickaël Jacquemin ont rencontré les députés et sénateurs marnais le vendredi 22 février afin de faire le point sur l’actualité agricole.

Les parlementaires marnais présents à la FDSEA pour échanger sur
les sujets d’actualité.

La rencontre avec les parlementaires était l’occasion d’aborder les sujets chauds de l’actualité syndicale en mettant un accent plus particulier sur les recommandations de l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et ses conséquences pour l’agriculture. Alors que l’agriculture française subit un agribashing sans précédent, par certaines ONG, Hervé Lapie souligne que, pour la troisième année consécutive, The Economist confirme que l’agriculture française est le modèle le plus durable au monde.

Avis de l’Anses, incompréhension totale

Dans le cadre du plan d’action gouvernemental visant à rendre l’agriculture moins dépendante aux produits phytopharmaceutiques et visant à renforcer le dispositif réglementaire de protection des abeilles et autres pollinisateurs, le ministère de l’agriculture a commandité une saisine auprès de l’Anses.

Dans son rapport, l’Anses recommande d’interdire la pulvérisation pendant les périodes de floraison et en période de production d’exsudats à l’ensemble des produits phytopharmaceutiques dont les produits à base de micro-organismes. Elle recommande également d’interdire à tous les produits contenant des substances actives systémiques (insecticide, herbicide et fongicide), la pulvérisation et les traitements de semences avant floraison (interdiction jusque-là uniquement appliquée aux produits insecticides et acaricides).

Hervé Lapie précise que si cet avis s’applique en l’état, les produits ne disposant pas de dérogation (mention abeilles), ne pourront pas être utilisés. Par ailleurs, les produits dérogatoires ne pourraient être appliqués qu’après le coucher du soleil et dans les trois heures suivantes. Les conséquences économiques si tout est appliqué, seraient graves pour les exploitations.

Des agriculteurs et apiculteurs soudés

Afin d’expliquer plus précisément la situation de l’apiculture et les causes réelles de la mortalité des abeilles, un apiculteur indépendant, Francis Etienne, président de la Fraca, est venu témoigner devant les parlementaires. Il explique que les relations entre les apiculteurs et les agriculteurs de la Marne existent depuis plus de 20 ans.

"Nous travaillons intelligemment ensemble, notamment sur le projet Apiluz (Symbiose et filières luzerne) et nous avons de plus en plus d’agriculteurs qui s’engagent progressivement dans l’apiculture, pour découvrir, voire pour réfléchir à une diversification complémentaire".

Les causes de mortalité des abeilles sont, selon lui, multifactorielles :

  • Le varroa : parasite arrivé dans les ruches vers 1986/87 ;
  • Le traitement du varroa par des insecticides, mal employés par certains utilisateurs ;
  • La gestion de l’hygiène (nettoyage des cadres, etc.) ;
  • Le frelon asiatique : 100 nids ont été découverts en 2018 dans la Marne. On estime à près de 200 nids en 2019 ;
  • L’évolution de certaines variétés de colza produisant moins de nectar ;
  • Le manque de formations techniques des apiculteurs amateurs ;
  • La génétique des abeilles : certaines espèces font moins de réserve donc sont plus vulnérables aux aléas climatiques ;
  • Le climat et la ressource du bol alimentaire ;
  • Les produits phytopharmaceutiques employés par les agriculteurs représentent 5 à 10 % de la mortalité.

"Ne nous trompons pas de combat et agissons sur l’ensemble de ces leviers. Arrêtons de nous cristalliser sur les produits phyto", conclut-il. Francis Etienne précise également que l’année 2018 fut une année record car la luzerne a fleuri plus tôt consécutivement au stress hydrique. La production de miel a été de 80 kg en moyenne par ruche contre 30/40 kg une année normale.

Créer une interprofession nationale apicole

Mickaël Jacquemin, président de la commission apicole de la FRSEA Grand Est, précise que le problème prioritaire des apiculteurs n’est pas la phytopharmacie, même s’il faut tout faire pour améliorer son utilisation, mais la concurrence avec le miel étranger, les problèmes de fraudes au niveau des grossistes (achat de miel chinois mélangé), la répartition de la valeur (le cours du miel est au plus bas à ce jour).

Dans cette optique, la FNSEA accompagne la mise en place d’une interprofession apicole pour organiser la filière. L’objectif étant de travailler avec l’ensemble des acteurs pour réduire les causes multifactorielles de mortalité des abeilles, mais aussi, de permettre aux apiculteurs d’obtenir un revenu décent.

Hervé Lapie a proposé au président de l’AFB (Association française pour la biodiversité) de venir dans la Marne pour découvrir toutes les actions mises en oeuvre au niveau de la biodiversité à travers Symbiose. Françoise Férat propose d’inviter également le directeur de l’Anses dans le département et pourquoi pas, ensemble, avec le président de l’AFB, pour présenter sur le terrain les pratiques portées par les agriculteurs et les apiculteurs.

Hervé Lapie conclut ces échanges en précisant que ce n’est pas en opposant les modèles techniques, les agriculteurs et les apiculteurs, ou en appliquant des taxes que l’on réussira. C’est par l’échange, le dialogue, la mise en place d’actions concrètes, que nous arriverons à relever le challenge d’une amélioration de la biodiversité.


Par Christophe Songy, directeur FDSEA 51