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Actualités professionnelles


Actualité professionnelle
Publié le 20/12/2018

Des solutions contre le matraquage

 
Hervé Lapie a mobilisé les troupes de la FDSEA de la Marne
pour exprimer la colère de la profession agricole.

Deux cents agriculteurs très remontés face à une demi-douzaine de représentants de l’État sur la défensive : la dernière manifestation de la FDSEA de la Marne et des Jeunes Agriculteurs devait permettre à la profession agricole de faire passer plusieurs messages.

Vendredi 14 décembre à Thibie, les sénateurs Yves Détraigne et René-Paul Savary, les députés Aina Kuric, Éric Girardin et Daniel Collard (représentant Charles de Courson), ainsi que le préfet de la Marne Denis Conus, ont longuement écouté les requêtes des élus syndicaux. Ces dernières ont permis de constituer un cahier de doléances, qui sera prochainement remis en préfecture.

Les invités du jour ont été quelque peu chahutés par un public lui-même régulièrement secoué par la société et les médias.

Dernier exemple en date : les cartes erronées diffusées par Générations Futures et Greenpeace, clouant au pilori les exploitants de "fermes-usines"
et les utilisateurs de produits phytos.
Le Gouvernement lui-même n’était pas en reste, avec la mise en ligne d’une "start-up d’État" consacrée à "la sortie du glyphosate". Sur ce point, FDSEA et JA jugent que "cette nouvelle“ appli "n’apporte aucune des réponses concrètes attendues" et estiment que la plate-forme a été conçue "sans aucune concertation avec les premiers acteurs de terrain que sont les agriculteurs".

"La binette à l’Assemblée !"

À côté du champ médiatique, l’espace politique a cristallisé le reste des tensions entre les syndicats et l’État. Au premier rang des revendications figurent la fiscalité et les charges, jugées "punitives". La redevance pour pollutions diffuses (RPD), soit 140 millions d’euros (M€) collectés à ce jour, va augmenter en 2019 pour "accélérer la conversion à l’agriculture biologique".

Outre une hausse que les syndicats jugent sous-évaluée - 50 M€ selon le Gouvernement, plus de 80 M€ d’après FNSEA et JA -
c’est "l’opposition des systèmes agricoles" qui fait s’étrangler les agriculteurs.

D’autant que la FNSEA a pris part, avec 40 partenaires, à un contrat de solutions remis au Gouvernement, et visant à "répondre aux attentes sociétales concernant les produits phytosanitaires", tout en "garantissant la productivité, la rentabilité et la compétitivité des exploitations".
La séparation de la vente et du conseil est vécue comme une "hausse de charges déguisée".
FDSEA Conseil a estimé que les hausses induites pouvaient s’élever à plus de 5 500 euros de charges supplémentaires pour les exploitations agricoles marnaises.

Souvent dépassés par des suppressions de substances soudaines et difficiles à remplacer, les agriculteurs ont exprimé leur désarroi aux représentants de l’État présents à Thibie. À l’image de Virginie Carlu, présidente cantonale FDSEA de Fère-Champenoise,
qui a brandi sa binette vers le sénateur Yves Détraigne : "vous savez ce que c’est ? Il faut amener ça à l’Assemblée, car il va nous falloir
des mains ! Vous parlez d’une belle vitrine : regardez ce que je dois acheter. Venez cet été, je dois biner toutes mes betteraves :
on nous demande zéro phyto, donc on devra tous repasser à la binette !".
Un avertissement sans frais, alors que l’article 76 du projet de loi de finances pour 2019, concernant la RPD, était soumis au vote mercredi 19 décembre(lire page suivante).

Timothée Appert-Collin, président des JA marnais, relayait l’incompréhension de ses pairs devant les parlementaires marnais :
"les agriculteurs sont formés et peuvent être décideurs. On est capables de faire de la technique. (…)
Beaucoup de jeunes ont du mal à entrer dans le métier, car celui-ci est de moins en moins bien accepté".

Et Hervé Lapie, président de la FDSEA de la Marne, a rappelé que "les agriculteurs marnais sont inscrits dans une démarche de progrès depuis 60 ans. On a évolué de manière phénoménale à la force du poignet. Aucune profession en France n’a su engager une telle démarche ! Cette image de l’agriculture rétrograde et du paysan avec sa fourche, c’est fini : que le consommateur et les parlementaires en soient bien conscients !".

Guillaume Perrin