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Evénements


Evénement
Publié le 04/05/2012

Les éleveurs d’ovins en quête de réponses

La deuxième journée du congrès de la FNO a offert au public présent à Châlons-en-Champagne une matinée d’échanges et de débats sur l’actualité ovine.

Jean-Roch Lemoine (à g.), président du comité d’organisation
du congrès FNO, et Frédéric Noizet (à d.), secrétaire général
de la FNO.
Le dernier congrès de la FNO s’est terminé jeudi. À Châlons-en-Champagne, les éleveurs d’ovins ont eu l’occasion d’évoquer leurs craintes et leurs motifs de colère, suite à une fin d’année riche en calamités – virus de Schmallenberg et attaques de nuisibles en grande majorité.

Il fallait donc donner des signes rassurants au public, et c’est ce qu’a fait le président de la FNO, Serge Préveraud, en annonçant l’arrivée d’indemnités pour la fin du mois de juin (lire encadré "De l’argent pour renouveler et indemniser").

La 65e assemblée générale était aussi l’occasion de donner le micro à des invités (lire encadré "Une table ronde… pour arrondir les angles") provenant de divers horizons (économie, environnement, syndicalisme…).

S’il est une thématique sur laquelle les éleveurs se sont étendus, c’est bien le loup. Lionel Vilain, conseiller technique à France Nature Environnement, a dû répondre à plusieurs interpellations du public, pour qui une seule position était tenable : "l’interdiction immédiate et totale d’introduction de grands prédateurs", mais Lionel Vilain a défendu une "forte régulation".

Le président de la FNO a dénoncé des "quotas de tirs de prélèvement pas atteints". 11 sont prévus cette année, "une goutte d’eau" pour Serge Préveraud, qui veut "une vraie politique de régulation sur le loup, l’ours, le lynx et le sanglier". Le coût de la gestion du loup est de 10 millions d’euros par an, "un dysfonctionnement dans notre société" selon le président des éleveurs d’ovins.

Être rassurant et ambitieux

Dans son discours, Serge Préveraud a tenu compte des réalités et difficultés actuelles, mais n’a pas oublié de conserver une certaine ambition pour l’élevage ovin.

Des chantiers se sont concrétisés : par fusion, les régions de cotations passent de 4 à 2, et les grilles de cotation sont simplifiées. Pour maintenir un prix rémunérateur, la signature prochaine d’un accord de garanties de prix entre Interbev et les Jeunes Agriculteurs (JA) a été annoncée : une suite logique de la "multiplication des contrats à prix fixes depuis deux ans".

Mais "rien n’est acquis" : la demande mondiale est en hausse, tout comme les cheptels outre- Manche, principaux concurrents de l’Hexagone.

Sur le plan technique, 100 000 agneaux supplémentaires ont été produits en 2011. Une accalmie de la fièvre catarrhale, la politique d’éligibilité à l’aide ovine, et l’appui technique rénové sont les pistes avancées par Serge Préveraud pour expliquer cette progression.

La stratégie à venir s’oriente vers la génétique, l’adaptation des outils d’aide à la décision, et un travail avec FranceAgriMer pour "préserver et moderniser l’appui technique".

Enfin, les contraintes réglementaires qui "pèsent sur les éleveurs" ont attiré l’attention de Serge Préveraud, pour qui "l’hyper-administration est antiproductive".

Guillaume Perrin, Journaliste de la Marne Agricole
gperrin@fdsea51.fr

Une table ronde… pour arrondir les angles

L’économiste Pascal Perri était
l’un des invités de latable ronde du
FNO : il a rappelé les tendances
rassurantes de consommation
mondiale de viande ovine.
 Lors de la table ronde organisée par la FNO, l’économiste Pascal Perri a développé le thème des "Nouvelles frontières pour l’agriculture et l’alimentation".
 "Avec la crise, on ne consomme pas moins de viande, mais moins cher. […]
Une croissance importante de la demande, (observée au Brésil ou en Chine, N.D.L.R.), fait monter les prix, donc ce sont aussi de bonnes nouvelles pour les éleveurs. […]
Et il faut garder à l’esprit que même si elle se déplace, la consommation de viande augmente à l’échelle mondiale. […]
Il faut donc jouer sur une politique de différenciation par les labels et les marques"
.

 Lionel Vilain, de France Nature Environnement, a posé une question : "L’élevage ovin, production durable ?".
 Pascal Perri : "Grâce à la restitution de la matière organique, l’élevage contribue à maintenir le capital organique des sols. Si la durabilité agro-écologique des élevages ovins est remarquable, on ne peut pas en dire autant sur un critère économique. Il est très difficile de lutter contre des prix bas, qui sont lancés par les moins-disants économiques et écologiques. […]
Deux solutions existent pour augmenter le revenu des éleveurs : augmenter la productivité ou diminuer les charges. Si l’intensification n’est pas possible indéfiniment, un système économe renvoie une bonne image auprès du grand public, donc se vend bien, comme les circuits courts. […]
Au vu de la demande, des mentions "nourri sans OGM" constituent une carte à jouer. La fonction nourricière de l’agriculture est une priorité : il ne faut pas la supprimer ou la brider"
.



Pour en savoir plus : retrouvez cet article en page 5 du journal
La Marne Agricole n°3009 du 4 mai 2012