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Evénement
Publié le 12/04/2010

Congrès de la FNSEA : un vrai projet avec un syndicalisme en mouvement

En défendant un vrai projet, le 64ème congrès de la FNSEA à Auxerre s’est employé à resserrer les rangs, sauvegarder l’unité et se recentrer sur ses fondamentaux.

Extrait du discours de clôture de Jean-Michel Lemétayer au 64e congrès de la FNSEA
"Ce congrès 2010 fera date dans notre syndicalisme"
, estime le président 
Jean-Michel Lemétayer.

"Nous avons fait un regard sur nousmêmes, en examinant comment notre syndicalisme FNSEA pouvait évoluer, s’adapter à ce monde qui est en permanence en total changement, utiliser les nouvelles technologies, mieux mobiliser notre réseau pour que l’on puisse assumer mieux encore un syndicalisme à la fois revendicatif et responsable"
.

Trois jours de congrès intense, face à un contexte difficile : le bilan de santé de la PAC a divisé le syndicat, l’effet de la crise économique sur les matières premières a provoqué la chute des revenus agricoles et, depuis l’été 2009, la crise laitière…

Sans oublier l’émergence de mouvements comme l’Association nationale des producteurs de lait indépendants (APLI) qui a quelque peu déstabilisé le réseau de la FNSEA et celui des Jeunes Agriculteurs dans plusieurs régions.

Dans une ambiance très studieuse, les 750 congressistes réunis à Auxerre ont repensé les bases d’un nouveau syndicalisme agricole : "un syndicalisme responsable et de conviction".

Plus de 55 délégués syndicaux sont intervenus au cours de la première journée à huis clos, suivie le lendemain par un large débat sur le rapport moral, intitulé : "un syndicalisme responsable pour rassembler et agir".

"A l’occasion de la crise du lait, nous avons peut-être manqué d’écoute et de pédagogie auprès des producteurs", a reconnu le secrétaire général adjoint de la FNSEA, Jean-Bernard Bayard.

"Si le monde change plus vite que notre organisation, nous courrons un risque de désyndicalisation", a souligné Dominique Barrau, secrétaire général. Un débat franc s’est rapidement instauré. 

Jean-Michel Lemétayer a interpellé le ministre lors de la
conclusion du congrès : "Vous devez entendre le véritable
SOS que vous lancent aujourd’hui les paysans"
.
Les responsables syndicaux locaux, venus des quatre coins de la France, ont exprimé leurs points de vue. "Une meilleure prise en compte des attentes des adhérents" ; "il faut retrouver la base, labourer le terrain. Mettez les moyens pour accompagner les fédérations départementales. Descendez de Paris", a demandé un responsable de la Loire ; "on ne fait pas de syndicalisme avec internet ou le portable".

Ils attendent que la FNSEA "rassemble et comprenne les campagnes". "L’essentiel dans le syndicalisme, c’est la conviction, il faut une ligne et incarner un nouveau projet, afin que les adhérents s’y reconnaissent pleinement", a expliqué un délégué de l’Aveyron.

Egalement soulignée, la question des moyens : "il faut des moyens humains aussi pour accompagner et soutenir les FDSEA". La notion de solidarité a été rappelée dans les débats, jugée comme étant "une ligne de conduite déterminante".

Le sociologue Jean-Michel Saussois a souligné "la crise de la représentation" qui affecte globalement le monde syndical : "on profite de l’action collective sans y participer, ce qui est destructeur pour l’action syndicale".

S’appuyer sur un syndicalisme en mouvement

Dominique Barrau et Jean-Bernard Bayard ont résumé en une formule les objectifs de la FNSEA : "Parler d’avenir sans mentir et sans céder aux effets de mode et aider le plus grand nombre à intégrer la complexité du monde dans lequel nous vivons".

Après le vote du rapport moral à une large majorité, le président de la FNSEA a rappelé que "où il se trouve le syndicalisme agricole mène le combat pour servir la profession".

Une journée fortement enrichie aussi par le grand témoin : l’industriel Vincent Bolloré. Il a beaucoup insisté sur "la notion d’indépendance". Misant depuis trente ans sur des secteurs considérés comme délaissés ou sans avenir, il a clairement dit aux congressistes : "c’est dans votre secteur qu’il faut investir. La production alimentaire va devenir le problème numéro un de l’humanité".

Selon Jean-Michel Lemétayer, les agriculteurs doivent être les premiers acteurs de leur destin et ne pas tout attendre des politiques publiques. "Maître de notre destin signifie mobiliser la profession, mieux travailler avec les partenaires, entreprises coopératives ou privées, avoir une confrontation d’idées avec les Pouvoirs publics, mieux se faire reconnaître par l’opinion publique".

Et de conclure : "on a la place pour défendre un vrai projet en s’appuyant sur un syndicalisme en mouvement".

Pour en savoir plus : retrouvez la totalité de cet article en page 4 du journal
La Marne Agricole n°2901 du 9 avril 2010

Par H. Garnier