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Actualités professionnelles


Actualité professionnelle
Publié le 24/03/2011

L'oiseau qui plume le paysan

Chaque année les agriculteurs subissent les dégâts de grues. Sur le plan collectif c’est une double peine, au regard du fait que les indemnités ne recouvrent pas l’ensemble des frais réels, qu’elles sont issues du budget de l’agriculture et non du territoire et de l’environnement. À qui profite réellement le passage des grues ? Retour sur la rencontre entre la délégation FDSEA 51, le conseil régional et la LPO qui a eu lieu lundi 7 mars.

Des mesures doivent êtres prises pour réduire les
nuisances à l’acceptable.
Ce pourrait être le titre d’une fable de La Fontaine comme "Le coq et la perle" ou "La forêt et le bûcheron", mais en fait pas du tout. C’est bien une situation réelle, contemporaine et qui se déroule près des chez vous, près du Lac du Der plus exactement.

L’opportunité économique : à qui profite les grues ?

L’afflux de touristes aux plaques minéralogiques étrangères, de marcheurs du coin équipés de jumelles et d’appareils photos dernier cri est impressionnant. Ces passionnés de la nature et de l’écologie qui ne comptent pas leurs kilomètres pour rencontrer la dame grise sont une opportunité pour l’hôtellerie et les activités culturelles.

Malheureusement cet intérêt se fait au détriment d’une autre activité, l’agriculture. En plus de nuire directement sur les cultures, le phénomène grue cendrée vient aussi grever une somme importante au budget du conseil régional alloué à l’agriculture, maximum 100 000 €/ an.

Une mesure équitable serait qu’une part des dédommagements soit prélevée (partiellement ou non) sur les budgets des activités qui bénéficient du volatile, comme le tourisme via l’aménagement du territoire et l’environnement.

La grue cendrée est une attraction ! Et comme toutes les attractions elle a son lot d’inconvénients. De la même manière qu’Euro Disney agaçait les villes avoisinantes tous les soirs avec ses feux d’artifices assourdissants, les grues tapent sur les nerfs des paysans, en becquetant les cultures.

Aujourd’hui Euro Disney est rentré dans le cadre légal et les pétards du soir pètent certes, mais moins fort, et ce n’est pas le voisin qui s’en plaint. De la même manière, rien n’empêchera le passage des grues. En revanche des mesures doivent êtres prises pour réduire les nuisances à l’acceptable.

Renforcer la prévention

Un moyen efficace de lutte contre les dégâts de printemps, l’agrainage, a été mis en place depuis quelques années. Celui-ci s’est révélé très efficace, grâce à une observation sur les animaux bagués.

En effet, sur environ 150 grues observées, 115 ne sont restées qu’une journée sur la zone d’agrainage. La conclusion des ornithologues est, qu’en nourrissant les animaux sur les points d’agrainage, ils reprennent plus facilement de forces pour repartir plus rapidement.

Malheureusement les surfaces d’agrainage manquent. D’ailleurs la FDSEA51 recherche des agriculteurs prêts à mettre à disposition quelques hectares tous les ans (de février à mars) en échange d’indemnités.

Une MAE inutile

Alors même que la LPO (Ligue pour la protection des oiseaux) avoue son manque d’intérêt, la mesure agro environnementale mise en place au bénéfice des grues a coûté 22 000 € en 2009. Ces 22 000 € seraient certainement plus utiles dans la prévention ou même dans l’indemnisation des dégâts, parce qu’à ce sujet on est loin du compte.

75 000 € soyons fous !

C’est le montant des dégâts répertoriés, mais non indemnisés ! Sympa la blague ? L’agriculture paye la dame grise au prix fort ! En effet, les systèmes de franchise à 500 € et d’indemnisation à 80 % du montant franchisé, représentent un pactole non négligeable de 75 000 € à la charge des exploitants locaux.

Derrière les petits calculs il y a encore des inconnues assommantes, puisque pour l’instant les dégâts d’hiver causés par les grues ne sont pas pris en compte dans les indemnisations. La facture pour l’agriculture va donc bien au-delà des 75 000 €.

La FDSEA compte mettre à plat ces problèmes concrets, pour montrer la cohérence de ses revendications.

Des revendications justifiées qui vous protègent

Aujourd’hui la FDSEA de la Marne se bat pour :
 1. que le budget alloué aux dégâts couvre intégralement le montant des dégâts, pourquoi pas en péréquatant les sommes non utilisées d’une année sur l’autre,
 2. que le budget de la commission territoire et environnement participe aux indemnisations,
 3. que la franchise de 500 € soit rabaissée à 75 €,
 4. que les dégâts d’hiver puissent être pris en compte,
 5. que la prévention soit renforcée.

Pour certains agriculteurs la situation est très difficile, la FDSEA de la Marne en association avec la FDSEA de la Haute Marne, met tout en oeuvre afin de remédier à cette situation déplorable.

Si cette triste situation avait été une fable, il aurait été agréable de vous en conter une autre bien semblable, dans la même collection d’histoires étonnantes, (et dans le même secteur géographique) celle du crapaud, du crapauduc, de l’auto et des 500 000 € !

Mais laissons cela, pas besoin de preuves pour savoir que les autorités trouvent l’argent quand elles le veulent.

Bertrand Laurent vice président de la FDSEA de l’arrondissement de Vitry-le-François, Jean Duval président cantonal de Saint-Rémy-en-Bouzemont et Pierre Le Guillou ancien secrétaire général de la FDSEA 51.

Mieux vaut prévenir que guérir : pour postuler afin d’agrainer les grues, contactez-nous au 03 26 04 74 85.

Par Edouard Garreau, animateur productions animales