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Actualités du groupe


Actualité du groupe
Publié le 19/07/2019

« Sortez l’agriculture de ces accords ! »

 
 Registre d'élevage, boucles d'identification...ont été
remises symboliquement au Préfet, pour représenter
les garanties de traçabilité offertes par les producteurs 
européens. 

Alors que les échanges se poursuivent à l’Assemblée nationale pour ratifier la mise en place du CETA et que les négociations européennes ont abouti à un accord avec les Pays du Mercosur, Hervé Lapie, le président de la FDSEA 51 a souligné "l’incompréhension générale de la profession agricole". Cela a poussé la FDSEA, les JA et la CGB à rencontrer les pouvoirs publics et élus marnais afin de rappeler le point de vue des agriculteurs.

Incohérence de l’État

Ces traités de libre-échange vont conduire à des importations de produits agricoles soumis à des normes différentes : "l’Etat demande aux agriculteurs une montée en gamme alors que le CETA va conduire à une importation de 46 substances interdites. Le Brésil quant à lui autorise de plus en plus de pesticides. Certains d’entre eux comme l’Atrasine et le Paraquat sont interdits en Europe. Il est incohérent de les importer" argumente le responsable professionnel.

L’enjeu de la transmission

Corentin Lochon, secrétaire général des jeunes agriculteurs, a évoqué les problèmes de rentabilité des exploitations qui pourraient être causés par le Mercosur : "Comment les jeunes installés vont pouvoir rentabiliser leurs ateliers à l’avenir avec cette concurrence déloyale ?". L’élu JA a fortement insisté sur la nécessité d’obtenir plus de visibilité à long terme afin de "donner envie aux jeunes de s’installer en élevage en France".

Sept sucreries en danger

Éric Lainé, président de la CGB Nord-Est, a souligné que "les importations de sucre et d’éthanol en provenance du Mercosur n’auront pas de droit de douane. En tonnage, elles

 Les parlementaires et le préfet ont pu exprimer 
leurs positions et celles de l'Etat devant des 
agriculteurs attentifs.

représenteront la production de 6 à 7 sucreries européennes alors que le secteur sucre est en difficulté".

Protéger les consommateurs

Hervé Lapie a également appelé à "utiliser la traçabilité comme un levier de développement, avec une Europe qui protège ses consommateurs et producteurs contre les pays qui ne respectent pas ses normes". Pour lui, un travail est nécessaire pour définir un "véritable projet agricole en France et en Europe afin de donner de la visibilité aux agriculteurs sur l’avenir". Il a également demandé que les parlements français et européen s’expriment sur le Mercosur en amont de la ratification de l’accord.

Vigilance de la profession

Après avoir rappelé que "l’agriculture est un secteur stratégique", Laurent Champenois, secrétaire général de la FDSEA, a lancé un appel aux parlementaires présents : "il faut organiser différemment le commerce mondial. L’agriculture ne doit plus être une monnaie d’échange pour vendre des voitures. Sortez l’agriculture de ces accords. Vous devez avoir la force de le demander à l’Assemblée nationale". La FDSEA, les JA et la CGB suivront l’avancement de ces dossiers avec attention, quitte à engager des actions plus fermes dans les prochaines semaines. Le vote du CETA à l’Assemblée nationale est prévu le mercredi 17 juillet.

Ludovic Barthelet

 

Ils ont dit :

Françoise Férat, sénateur de la Marne (union Centriste) : "Alors que j’ai participé à la production d’un rapport alarmant sur la compétitivité de l’agriculture française, les chiffres de contingents d’importations par ces traités sont insoutenables. Nous ne devons rien lâcher et nous battre ensemble pour prendre position contre le CETA et le Mercosur".

Éric Girardin, député (LREM) : "En ce qui concerne le Mercosur, je suis en accord avec vous. Il y a des zones de sensibilités au niveau du contrôle sanitaire, du climat et de l’environnement. Pour le CETA, nous devons travailler avec nos "cousins" canadiens. Je pense aussi que les accords nationaux multilatéraux doivent être défendus. C’est une obligation collective pour éviter le repli sur soi-même".

Valérie Beauvais, députée (LR) : "Le CETA me pose problème, car le contrôle des marchandises sera fait à l’export. Ainsi les pays de l’Union européenne n’auront pas le droit de contrôler la viande en provenance du Canada. Nous avons déposé un amendement pour exclure l’agriculture de ce traité".

Denis Conus, préfet de la Marne : "J’ai noté votre mobilisation active et j’en ai informé le gouvernement. Je tenais également à vous dire qu’exclure les produits agricoles et agroalimentaires des traités est très difficile. Cela s’est mis en place sur d’autres secteurs, car l’Europe était unie. Mais actuellement, il n’y a pas de consensus sur l’agriculture entre les 28".


Par Ludovic Barthelet, Production Animale FDSEA 51