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Actualité du groupe
Publié le 27/08/2009

Agriculture performante et développement durable

Deux intervenants de choix interviendront lors de la conférence organisée par le Crédit Agricole et la FDSEA de la Marne le 31 août 2009 à la Foire de Châlons-en-Champagne.

Le président de Coop de France,
Philippe Mangin sera aux côtés de
Sylvie Brunel.
Comme il est de tradition à la Foire de Châlons-en-Champagne, le Crédit Agricole du Nord-Est et la FDSEA de la Marne organisent conjointement une grande conférence pour évoquer l’avenir de l’agriculture.

Le rendez-vous qui devrait être conclu par le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire est programmé lundi 31 août à 15 heures (accueil à partir de 14h30) et aura pour thème "concilier agriculture performante et développement durable : utopie ou nécessité ?".

Pour l’occasion, deux personnalités confronteront leur point de vue. Philippe Mangin, président de Coop de France et président d’EMC2 évoquera notamment les grands enjeux que va devoir relever l’agriculture européenne et la place que devra tenir dans ce contexte la coopération.

Sylvie Brunel participera à la conférence.
Le président de COOP de France,
Philippe Mangin sera à ses côtés.
Face à lui ? Sylvie Brunel, géographe, économiste, ancienne présidente d’Action contre la Faim, responsable du master Mondialisation et Développement durable de la Sorbonne (Paris IV) et auteur notamment de "Nourrir le monde, vaincre la faim" apportera sa riche contribution au débat. Elle a accepté en avant-première de répondre à plusieurs de nos questions.
 
 Vous êtes économiste et géographe, avez-vous le sentiment que l’avenir du monde réside en grande partie dans la capacité qu’auront les agricultures de la planète à relever un certain nombre de grands défis ?
 Sylvie Brunel : Bien sûr. L’agriculture est aujourd’hui au coeur du développement durable. Elle doit à la fois être capable de nourrir une humanité en forte croissance, garantir un niveau de vie acceptable aux 1300 millions de paysans de la planète, mais aussi pouvoir fournir des services environnementaux : non seulement entretenir ces paysages qui font rêver les urbains, mais aussi piéger les gaz à effet de serre en préservant la planète. C’est une lourde charge qui pèse sur les épaules de chaque agriculteur ! On a beaucoup parlé des émeutes de la faim l’année dernière, or il existe toujours plus d’un milliard de personnes qui en souffrent aujourd’hui. Dont trois quarts de ruraux pauvres, qui ne disposent pas d’un revenu suffisant pour se nourrir et acheter de la nourriture. C’est dire les défis que doit relever l’agriculture !

 L’économie agricole est elle une économie comme les autres ou doit-elle s’accompagner de politiques d’encadrement ?
 Sylvie Brunel :
Dans le domaine agricole, il est impossible de ne pas être interventionniste ! Parce que les prix s’effondrent quand les récoltes sont bonnes, appauvrissant paradoxalement les paysans, mais ils flambent quand la pénurie se profile, ce qui pénalise alors les urbains… Par ailleurs, la concurrence sauvage quand les conditions de production sont si différentes d’un territoire à l’autre aboutit à laminer les plus fragiles. Or, un paysan qui disparaît, c’est un terroir qui se dégrade, une friche qui s’étend, de l’exode rural et, souvent, du chômage en ville. Partout où l’agriculture se porte bien, c’est parce que les pouvoirs publics acceptent de dépenser des sommes importantes pour garantir le revenu rural, protéger les productions nationales, donner accès aux moyens financiers et techniques et à des systèmes de commercialisation rémunérateurs !

 Concilier agriculture performante et développement durable, c’est une douce utopie ou une vraie nécessité pour la planète mais aussi pour les agriculteurs eux-mêmes ?
 Sylvie Brunel : Une douce utopie ? Certainement pas ! L’agriculture productive et durable, ça existe. Et les agriculteurs concernés sont les premiers à s’en féliciter eux-mêmes : parce qu’au lieu d’être accusés de polluer et de dégrader – ce qui est très douloureux pour ceux qui ont longtemps été regardés comme les sauveurs de la planète ! – ils sont considérés au contraire comme des médiateurs entre la planète et l’urbain, ceux qui connaissent la terre, entretiennent la biodiversité, façonnent les paysages. Et créent finalement cette "nature" que les nouveaux écologistes adorent... et qui n’est souvent en réalité qu’une campagne profondément et intelligemment humanisée !

Propos recueillis par Dominique Lebrun