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Publié le 13/08/2019

Réponse à Aïna Kuric
Par Hervé Lapie, président de la FDSEA 51

 
 Hervé Lapie, Président de la FDSEA 51

À la lecture des arguments de la députée sur son vote EN FAVEUR de la ratification CETA, je ne conteste pas que l’accord dans sa globalité peut être un bon accord pour la France. Mais concernant l’agriculture, ce ne sera pas le cas. Nous n’avons pas véhiculé des peurs, simplement dit la vérité aux Français. Nous n’avons pas menti, ni triché...

Ce qui n’est pas le cas de la majorité que nous avons interrogé et qui est un peu déstabilisée. C’est cette déstabilisation qui émeut le gouvernement. Oui les farines animales sont interdites en France dans leur globalité et par principe de précaution suite à l’épisode de vache folle et ses conséquences sur la santé humaine, ce n’est pas le cas au Canada. Oui les activateurs de croissance sont interdits en France, ce n’est pas le cas au Canada. Oui 46 substances chimiques sont interdites en France autorisées au Canada...

Sans parler de l’article 44 des EGA. Ne rêvez pas des contrôles, regardez ce qui se passe en Europe, c’est déjà très compliqué. Importer des aliments que l’on ne produit pas, pourquoi pas... mais il me semble que les éleveurs de bovins, porcs, volailles etc. ont encore leur place dans la région rémoise et que dire des producteurs de betteraves, céréales.

Les règles économiques sont impitoyables, 1 à 2 % de surproduction déstabilise les prix de 20 %... Je crois que nous ne partageons décidemment pas, avec la majorité parlementaire, le même projet agricole et une ambition économique pour la ruralité. L’agriculture est considérée comme aménagement du territoire et absolument pas comme un secteur économique, alors que nous avons investi des milliards depuis plus de 40 ans pour développer l’économie territorialisée, sans l’aide des gouvernements, mais ils ne nous ont pas mis des bâtons dans les roues...

Ce n’est pas le cas avec le gouvernement actuel. Nous rêvons encore de faire nos affaires nous-mêmes (climat, biodiversité, alimentation, énergies renouvelables, biocarburants, biomateriaux...). Notre projet est de fournir une alimentation pour tous et de qualité et non une alimentation à deux vitesses ....la montée en gamme pour ceux qui en ont le budget et le low cost pour nos lycéens, hôpitaux et ceux qui n’ont pas de moyens.

Nous voulons produire pour tous ! Tous les rapports de la Cour des comptes, du Sénat, convergent pour interpeller sur la situation de l’agriculture française, mais absolument sans réaction ni décision, sauf si les députés considèrent que nous ne sommes plus compétitifs et qu’il est préférable d’importer plutôt que de produire !

Pour être concret, il serait temps que le gouvernement mette en application les EGA en prenant un exemple concret avec par exemple le lycée agricole de Somme Vesle, en commençant par offrir à nos enfants une alimentation française de qualité à des prix raisonnables, plutôt que de tenir des discours sans engagements. À moins que l’on prenne la solution dans l’autre sens... on s’aligne sur les standards canadiens afin de pouvoir rivaliser avec les mêmes arguments ! Nos agriculteurs sont en train de perdre le sens et les valeurs de ce métier très engageant pour les consommateurs.

Le syndicalisme majoritaire va continuer ces combats justes auprès des consommateurs français, car notre ambition est d’attirer des jeunes motivés pour épouser cette profession, certes difficile mais au combien passionnante, qui donne du sens à un projet de vie. Sans projet, il n’y aura plus d’installation alors que l’agriculture reste une solution aux enjeux que j’ai partagés. La FDSEA et les JA rencontreront à nouveau tous les députés, quel que soit leur vote concernant le CETA, pour réaffirmer notre engagement pour l’agriculture et faire passer, à nouveau, certains messages s’ils n’ont pas déjà été compris.

Par Hervé Lapie, président de la FDSEA 51